Elections2006 – A l’école du 1er scrutin, les leçons à tirer

Elections 2006 – Campagne de sensiblisation 3TAMIS

Magazine 3TAMIS

A l’école du 1er scrutin. La différence entre une dictature et une démocratie vient de ce que, l’une considère l’opposant comme un ennemi à abattre physiquement, l’autre comme un adversaire à protéger parce que nécessaire au bon fonctionnment de l’Etat.

La participation massive de la population au scrutin du 30 juillet est la preuve de la volonté de voir s’installer des institutions nouvelles, légitimes.

Suite aux résultats du premier tour, deux candidats sont renvoyés à un second tour prévu pour le 29 octobre 2006.

L’élection des députés provinciaux se fera le même jour.

Il est toujours utile de rappeler que c’est la première fois depuis plus de 40 ans que des élections voulues libres, démocratiques et transparentes sont organisées en République Démocratique du Congo. C’était donc une première non seulement pour la masse des électeurs mais aussi pour les différents partenaires impliqués: le pouvoir organisateur, la CEI, les partis politiques et toutes les organisations de la société civile.

Si tout le monde a salué la discipline qui a caractérisé cet événement, le processus n’a pas été à l’abri de quelques dérapages. Il y a donc à capitaliser les acquis du premier scrutin et améliorer les failles constatées.

Des réflexions d’analystes de la société civile, commentant les avis récoltés dans les quartiers et villages du Sud-Kivu, et référant à des expériences lointaines depuis l’indépendance du Congo, viennent confirmer l’espoir placé dans le processus électoral où se joue l’avenir d’une nation, d’un peuple !

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« Coup de chapeau aux organisateurs de ces élections, même s’il y a eu à relever quelques failles…» affirme Maman ZITA du CAUCUS des femmes du Sud-Kivu.

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Maître LWANGO estime, pour sa part, qu’il y a eu plus de préjugés et de bruits que de réclamations exprimées en terme de recours formels. Ces personnalités de la société civile n’ont pas manqué de revenir sur les regrets des électeurs qui n’auraient pas tenu compte de la proximité dans le choix de leurs députés.

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Ce qu’exprime le politologue MBAYU : « les électeurs n’ont pas choisi les idées mais se sont laissés entraîner par le folklore… ».

S’agissant de l’impact de l’argent et des biens matériels, le déséquilibre était criant entre les partis et les candidats à la mesure des moyens investis dans la campagne.

Une certaine transhumance a été reprochée à la population des électeurs qui allaient d’un candidat à l’autre non pas pour comparer les projets mais pour bénéficier des biens distribués.

Au cous des élections qui ont suivi l’indépendance, dira Maître LWANGO, les électeurs étaient difficilement corruptibles car chacun mangeait  à sa faim, bénéficiait des soins médicaux et avait sa carte d’ayant droit. Et de poursuivre : « les quarante ans de mobutisme ont tout à fait renversé la culture du citoyen… »

Le travail à la base pour une réformation des mentalités est encore énorme.

Entre-temps, les électeurs ont compris qu’il faut s’informer davantage et respecter les consignes de la Commission électorale Indépendante, choisir avec responsabilité !

Autres leçons à tirer :

> Augmenter la qualité et la quantité d’information sur la prodédure de vote lui-même auprès des citoyens. Au 1er tour, il a eu un nombre trop important de bulletin nul : vote à côté de la case, ratures en tous genres, mots doux à l’adresse de son candidat préféré !

> Rappeler que la démocratie c’est le respect des opinions, pour autant qu’elles restent dans le cadre de l’éthique et de la déontologie. Il a été constaté des dérapages en terme d’appel à la haine, à l’intolérance voire la violence envers l’adversaire, des manipulations appelant à ne pas voter…

> L’éducation à la citoyenneté passe par la compréhension que dans une démocratie, être adversaire, être dans l’opposition est tout aussi honorable fondamental que d’être au pouvoir… Il n’est pas question « d’être humilier » parce que « battu » à une élection.

> Mieux expliquer l’importance d’aller voter, la responsabilité du citoyen. A Kalemie, le CAVK, partenaire 3TAMIS, a fait le constat que beaucoup de personnes n’allaient pas se déranger pour aller voter, croyant que de toutes les façons les jeux étaient faits et surtout, pour les élections provinciales, elles ne savaient pas en quoi elles sont importantes !

La sensibilisation a essentiellement porté sur cela.

Projet 3TAMIS ECDPC – Education à la Citoyenneté pour la Démocratie et la Prévention des Conflits financé par :

Coop belge dev 2010


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