Ciné Club Inter Universitaire – Seigneur de guerre

Lord of war
Ciné Club Inter Universitaire de Bukavu

26 janvier 2007

Libérer la parole pour éduquer.

La longue guerre qui a déchiré la RDC, a déstructuré les liens sociaux, les espaces de socialisation sont devenus suspects.  Dans le cadre du cours de droit constitutionnel, les élèves ont manifesté un désir de débat, d’échange sur les enjeux majeurs de la transition, et la reconstruction  post conflit en RDC.

Le ciné-club s’est imposé à nous comme un moyen de libérer la parole des étudiants et surtout, de les responsabiliser.

3TAMIS et un groupe d’étudiants de l’Université Catholique de Bukavu ont repris leurs activités cinématographiques ce vendredi 26 janvier 2007 avec le film « Seigneur de guerre » (Lord of War) de Andrew Niccol. Il a été projeté devant environ 300 spectateurs.

Tout a commencé par la rencontre entre Said Abass Ahamed, jeune universitaire français passionné de cinéma et spécialiste de la médiation politique et des conflits, et Franck Mweze, coordinateur 3TAMIS, responsable du projet ECDPC, Education à la Citoyenneté pour la Démocratie et la Prévention des Conflits, et initiateur d’un projet Culture et démocratie « Le cinéma de la Concorde » dont le ciné club s’inspire.

Les objectifs de ce ciné-débat, sont multiples : Tout d’abord, créer un espace neutre pour débattre autour de l’image des questions essentielles auxquelles la région des Grands Lacs se trouvent confronté et briser les tabous, sans passion et sans crainte de la phobie d’un agenda caché contre le Congo.

Une organisation étudiante. De sorte qu’avec l’assistance de l’équipe technique et matérielle, de l’appui conseil de 3TAMIS, les étudiants ont créé un groupe formalisé au sein de la première année de droit. Les étudiants choisissent un film, le visionne et prépare la présentation du film. Une fois par mois le vendredi après midi, ils présentent le film, le réalisateur, la ou les thématiques abordées… pendant quinze minutes. Après la projection, un groupe de quatre étudiants anime le débat autour des enjeux que soulève le film.

Le groupe porteur apprend la gestion de projet, l’organisation, la prise de parole « 3TAMIS », l’animation.

Ils sont souvent secondés par le professeur et bâtonnier Mê Lwango, pour garantir la vérité historique, politique et sociale, dans un cadre d’expression juste, utile et respectueuse. D’autres personnalités sont envisagées à l’avenir pour assurer ce débat d’exception.

Les discussions sont totalement libres avec l’attention à bannir les insultes et les propos dont on ne peut vérifier la véracité.

Véritable éducation à la citoyenneté, cet espace d’échange permet de libérer la parole sur des sujets particulièrement sensibles. Il permet en outre de briser des tabous en ouvrant une réflexion sur la responsabilité des congolais sur la crise généralisé qui affecte le pays depuis si longtemps.

L’explication de la crise congolaise : « tout est la faute de l’autre, l’étranger », vraiment ? L’explication de la crise congolaise par un complot international, évite d’établir la responsabilité des élites nationales, car au final « tout est la faute de l’autre, l’étranger ». Or, des  films tels que « l’Afrique des Grands Lacs en morceaux » permet d’aborder des échanges sur la faillite de l’état au Congo et l’irresponsabilité collective du régime Mobutiste. « Lumumba » de Raoul Peck permet d’évoquer, les crises politiques à répétition et de comprendre la difficulté de la classe politique à trouver des compromis. Le délabrement du Congo et la fin de la guerre et les traumatismes collectifs sont abordés dans « Congo river ». Les films sur le génocide au Rwanda « Hôtel des mille collines », sur la circulation des armes légère en Afrique « Seigneurs de guerre »…, ont été également au menu des projections.

Cet exercice de catharsis collectif est devenu depuis la première projection en janvier 2006, un rendez de tous les amateurs du septième art dans la ville de Bukavu. D’autres étudiants des différents centres d’enseignement supérieurs de la ville de Bukavu.

Une activité interuniversitaire. Les étudiants de l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) et de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM), se joignent aux étudiants de l’Université Catholique de Bukavu. Ces 3 institutions d’enseignement supérieur sont situées sur la colline de BUGABO. Ils assistent avec de plus en plus d’assiduité au ciné débat qui au-delà de libérer la parole est une fenêtre ouverte sur le monde à partir de l’est de la RDC.

Une expérience a été tentée de délocaliser le ciné club dans d’autres Universités de la place, toutefois elle ne fut pas concluante.

Ce serait dommage que cette activité reste relativement confinée au monde estudiantin même si ils sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser… Aussi 3TAMIS souhaite proposer aux étudiants l’idée d’enregistrer ce débat pour le diffuser après montage, à la diffusion sur les télévisions locales et nationale !

Dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté. Cette activité culturelle est de toute importance pour 3TAMIS qui, dans son programme d’éducation civique à la citoyenneté et prévention des conflits s’intéresse à la jeunesse et se préoccupe de la formation du citoyen et des futurs cadres pour l’émergence en RDC d’une démocratie réellement participative et d’un nouveau leadership.

« Seigneur de guerre » de Andrew Niccol

Ce film qui allie action et suspens plonge le spectateur dans « l’ascension irrésistible d’un trafiquant d’armes dans le monde du crime, aux quatre coins du monde, au gré des guerres et des luttes de pouvoir, ses trahisons, ses amours, et la traque que lui mène sans relâche un agent du FBI qui a juré sa perte.

Andrew Niccol nous livre un film à la fois instructif, atroce, férocement drôle, déclenchant chez son spectateur une ribambelle d’émotions fortes en l’invitant à réfléchir sur la nature humaine ».

Le contexte congolais en général et Sud-Kivutien en particulier justifiait la projection de ce documentaire dans les milieux universitaires, cet espace de réflexion et de questionnement sur la problématique de la recherche de la paix face à la circulation d’armes de guerre dans le monde.

Le film d’Andrew Niccol se veut …l’histoire de Yuri Orlov, … vue à travers les yeux du principal intéressé, lequel n’hésitant jamais à nous montrer une planète peuplée de personnes qui ne pensent qu’à s’enrichir et/ou à tuer. Tant et si bien qu’un seul constat s’impose bien vite : la race humaine par certains côté, n’a pas évolué d’un iota depuis des millénaires, si ce n’est qu’avec les progrès technologiques, elle peut perpétrer les plus pires atrocités avec une efficacité accrue.

Au milieu de multiples factions ne désirant que s’exterminer les unes et les autres au nom d’idéaux dont il n’a que faire, Yuri ne pense qu’à une seule chose : s’enrichir. Partant du principe qu’il ne changera pas la race humaine et que cette dernière n’est peut-être finalement bonne qu’à s’autodétruire, Yuri s’abrite de surcroît derrière une bonne dose de cynisme, tout en se baladant dans les pires régions du monde avec des œillères dans le seul et unique but de s’en mettre plein les poches.

Vendre des armes à la fois aux Israéliens et aux musulmans ne l’empêche pas de dormir, pas plus que de mettre des AK47 entre les mains d’enfants de 10 ans ayant probablement déjà quelques cadavres dans leurs placards…

Il s’agit là pour le public congolais, d’une réalité récente.


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