Violences – Trois médias contre les violences sexuelles

UNFPA

Le combat contre les violences faites aux femmes continue à l’est de la République démocratique du Congo.

Dans une volonté de soutien, le projet conjoint SGBV (Sexual & Gender Based Violence), financé par l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), a été lancé.

Celle-ci réunit plusieurs partenaires : les Gouvernements canadien et congolais, les Nations Unies, l’UNFPA (FNUAP) ainsi que différentes ONGs. Dans ce cadre, nombre d’actions ont été menées dans différents territoires du Sud-Kivu.

La prévention contre les violences faites aux femmes en R.D.Congo prend plusieurs formes grâce à l’initiative conjointe entre les Gouvernements canadien et congolais, l’UNFPA et différentes ONG locales et internationales. Cette sensibilisation s’exerce via différents supports médiatiques : émissions radio, spots télévisés et affichages de fresques.

L’objectif principal étant de mobiliser des leaders de la société civile, les politiques, administratifs, chefs traditionnels, militaires, policiers, religieux, etc.), bref, toute la communauté, à s’impliquer dans la lutte contre les violences sexuelles.

3TAMIS, intéressé par les questions de lutte contre les violences sexuelles à travers son programme d’éducation citoyenne et éducation à la non violence a rejoint le programme 2008 de UNFPA en cette matière.

C’est ainsi qu’il a recouru aux prestations de  Mademoiselle Kaddy Adzuba pour les émissions radio et à Séraphin Kajibwami pour la réalisation des fresques éducatives. La journaliste animatrice de radio accompagnée par Patrick Byamungu, caméraman monteur de 3TAMIS, s’est rendue successivement dans les territoires où le phénomène des violences sexuelles est plus ressenti. Il s’agit entre autre de : Kamituga, Uvira, Walungu, Plaine de la Ruzizi (Sange)…

Selon que les moyens seront disponibles et compte tenu de l’intérêt du partenaire UNFPA, cette action va aller plus loin dans d’autres territoires non encore arrosés par des émissions participatives de sensibilisation et de changement de comportement afin que les violences soient bannies. Ces émissions radio qui accrochent l’attention des auditeurs passent en direct sous forme de débats en swahili. Elles font intervenir toutes les  autorités locales dans le domaine qui les concerne : chefs coutumiers, administrateurs de l’Etat, médecins, juristes et juges, officiers de police et d’armée, chefs religieux….

Au cours de l’émission, ils écoutent d’abord les voix des survivantes des viols consistait à interviewées la veille par l’animatrice. Le but n’est pas de remémorer les différents horreurs qu’elles ont pu subir mais plutôt de recueillir leurs impressions sur les différentes associations, ONG locales ou internationales qui les prennent en charge, mais il s’agit de connaître la forme d’appui qu’elles reçoivent, leur avenir, leurs nouveaux projets… C’est aussi l’occasion d’avoir un aperçu sur les actions menées par la communauté pour mettre fin aux violences sexuelles.

La deuxième étape de l’émission concerne  les débats et les engagements pour améliorer la situation actuelle vécue par la femme et toute la communauté au sein de laquelle elle vit. Celle-ci dure une heure et se focalise sur deux questions principales : comment mettre fin aux violences sexuelles et quelle est la contribution de la population  locale pour combattre ce fléau ?

Tout au long de l’émission plusieurs points ont été évoqués : les auteurs de viol, les victimes, les différentes interventions, la présence de la UNFPA, la sensibilisation, les difficultés rencontrées… La clôture des émissions insistait sur le fait que le développement de ce pays passera par la détermination de chacun et de la communauté entière.

La radio reste évidemment le média le plus populaire mais l’image donne un impact supplémentaire que le seul son ne peut fournir. Du coup, trois spots télévisés seront réalisés par 3TAMIS.

Trois spots car destinés à trois cibles différentes. Le premier est destiné aux autorités afin de les sensibiliser de manière effective à ces problèmes de violences sexuelles. Il reprend des discours du général de la police, de la première dame… Le deuxième explique les étapes de prise en charge des victimes : prise en charge médicale et psychosociale, plainte auprès de la justice, réinsertion…  Enfin, le troisième s’adresse aux hommes puisqu’ils sont les principaux auteurs de ces actes abominables, car même les animaux ne violent pas du tout.. Mais l’objectif est de rendre le message positif et donc d’inciter les hommes à respecter les femmes, mères de nos patries.

Ces trois spots seront réalisés en français et en swahili afin qu’ils soient à la portée d’une majorité de la population du sud Kivu. De plus, les voix off ou discours de ces spots sont pensés de telle manière qu’ils puissent être diffusés à la radio.

Ensuite, Séraphin Kajibwami s’est lancé dans la production de différentes fresques qui seront présentées dans cinq territoires du sud Kivu : Walungu (seul lieu où l’exposition est déjà effectuée), Kamituga, Luberizi, Baraka et Bukavu. Une fresque par territoire est prévue. Les dimensions des dessins sont d’1m22 de hauteur sur 2m44 de longueur. Seule la ville de Bukavu affichera deux représentations : une à la 10e Région militaire et une autre à la place de l’Indépendance. Le thème reste toujours identique. Il s’agit des violences sexuelles, des étapes de prises en charge, de la sensibilisation auprès des militaires mais aussi de la participation de toute la communauté civile.

Cette initiative conjointe a donc tenté de toucher un maximum de personnes à travers l’utilisation de trois médias différents : la radio, la télévision et le dessin. Le seul espoir et seul but de toutes ces actions : mettre un terme à toutes sortes de violences dont la femme est trop souvent victime en RD Congo.

Mathias Pollet, stagiaire HELHA à 3TAMIS


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