Violences – Minova, Kinyezire – S’insurger contre les violences sexuelles!

S’insurger contre les violences sexuelles à Kinyezire et Minova au Sud-Kivu

Les 29 et 31 octobre 2009, l’équipe 3TAMIS et CAMPS – Centre  d’Assistance Médico-Psycho social,  ont effectué une série de représentation et projection à Minova et Kinyezire,  dans le territoire de Kalehe au nord du Sud-Kivu sur le thème  de l’éducation à la non violence et la prise en charge des victimes.

Le but était d’organiser des journées de sensibilisation sur les viols et violences sexuelles, leur conséquence dramatique pour tous. Il fallait interpeller sur l’importance de briser le silence et d’engager un processus de prise en charge des victimes. Une des conséquences du viol est le rejet de la victime par ses proches et la société.

Doublement victime, la personne violée est stigmatisée comme étant la cause du malheur  et une honte pour tous. Il faut absolument dénoncer cette fausse fierté et encourager une autre manière de voir, que l’honneur se situe justement à soigner les victimes, d’être solidaire et tenter de reconstruire la vie.

La ville de Minova a été choisie parce que la traque des FDLR au Nord-Kivu par les forces conjointes rwandaise et congolaise avait provoqué un déplacement massif de la population vers le Sud. Et Minova se trouve à la frontière des deux provinces, plus proche de la ville de Goma que de Bukavu (à 165km de Bukavu, soit 5 heures de route au lieu de +-50 km de Goma).

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La mission s’est donc effectuée dans le cadre du projet de prévention et réponse aux violences sexuelles appuyé par UNFPA / Antenne du Sud-Kivu.

Les forums organisés par 3TAMIS lors du Festival de Bukavu 2009, grâce aux interventions du bureau des droits de l’homme de la MONUC a bien montré la nécessité de l’éducation à ce niveau. UNFPA avait compris l’intérêt de soutenir une manifestation à large impact.

Depuis un an, 3TAMIS a réalisé plusieurs émissions radio et télévisées avec UNFPA, dans le souci de vouloir créer un cadre de discussion – débats sur le problème des violences sexuelles.  Des affiches, des  fresques, des dépliants  ainsi qu’une série de spots (audio et vidéo) ont été produits dans ce but. Voir Trois médias contre les violences sexuelles

3TAMIS avait été sollicité par CAMPS et UNFPA dans son projet avec CERF/ONU pour organiser deux projection et débats sur les films « Et si cela arrivait à ta propre fille » et les spots vidéo sur le respect de la femme, la prise en charge des victimes et la position des autorités contre les violences sexuelles.

A Kinyezire comme à Minova, les activités se sont déroulées en deux parties.

Trois jours avant le spectacle, les animateurs de CAMPS avaient parcouru avec leurs mégaphones toutes les artères et petits coins de Kinyezire et Minova  pour annoncer la pièce de théâtre «Violée c’est une crime odieux» joué par la troupe Mutu ni Mutu (Homme est Homme, en swahili) de Bukavu.

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A Kinyezire comme à Minova, déjà à 12 heures, le terrain de football était plein de monde ! Beaucoup dansaient sur la musique proposée par le « DJ » 3TAMIS en attendant le début de la présentation théâtrale vers 14 heures.

A Kinyezire  il y avait près de 3.000 personnes et plus ou moins 5.000 à Minova. Les  autorités locales, chef de cité, commandant de police et les notables n’ont pas manqué le rendez-vous; leur présence était importante : ils ont une grande part de responsabilité pour garantir le droit au respect de la personne.

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Le public au Congo est bon public, très réactif pendant le spectacle : il commente, crie… les applaudissements étaient nourris.

L’espoir est qu’a la suite de ces représentations, théâtre et vidéo et animations, tous étaient convaincus que le viol et toutes les violences quelles que soient, sont inacceptables. C’en est assez !

Et que pour les victimes, femmes, leurs proches, en fait la société tout entière, il est important de connaître le cycle de prise en charge que peut suivre une victime pour se reconstruire et dépasser la souffrance, être solidaire…

Les soirs du 29 octobre à Kinyezire et du 31 à Minova, 3TAMIS a projeté les spots de sensibilisation sur les violences sexuelles et le docu-fiction « Et si cela arrivait à ta propre fille » Pour beaucoup, c’était l’occasion de voir des images sur écran géant car la plupart n’a pas de télévision. C’était donc une occasion à ne pas rater !

Chiffre record de participation aux projections 3TAMIS : 3.000 et 3.500 personnes à Kinyezire et à Minova le nombre se situe entre 5.000 et 5.500 personnes !

3TAMIS a pour slogan qu’une image vaut milles mots ; ces activités répondent bien à l’immense besoin d’information, aux carences actuelles de l’éducation de masse.

Les autorités présentes ont exprimé avoir fort apprécié cette initiative UNFPA.

La police a sécurisé l’espace du début à la fin des spectacles ce qui permis de vivre l’événement en toute tranquillité. Une information d’importance, face aux représentations que tout est insécurité au Kivu…

Naturellement, les gens ont émis le désir de revoir 3TAMIS.

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Enfin, à Minova, une fresque murale produite par CAMPS et réalisée par 3TAMIS à été fixée.

Patrick Byamungu

Abréviations :

CAMPS – Centre  d’Assistance Médico – Psycho social
CERF – Central Emergency Response Fund
SGBV – Sexual & Gender Based Violence
UNFPA – Fond de Nations Unies pour la Population

Constitution de la RDC

La Constitution de la RDC de 2005 reprend pourtant en son chapitre 1er « Des Droits civils et politiques », particulièrement en ses articles 14, 15 et 16, les postulats suivants :

Article 14 : Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits.

Ils prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation.
Ils prennent, des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée.
La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales.
L’État garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions.
La loi fixe les modalités d’application de ces droits.

Article 15 : Les pouvoirs publics veillent à l’élimination des violences sexuelles.

Sans préjudice des traités et accords internationaux, toute violence sexuelle faite sur toute personne, dans l’intention de déstabiliser, de disloquer une famille et de faire disparaître tout un peuple est érigée en crime contre l’humanité puni par la loi.

Article 16 : La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger.

Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit d’autrui et des bonnes mœurs.
Nul ne peut être tenu en esclavage ni dans une condition analogue.
Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Nul ne peut être astreint à un travail forcé ou obligatoire.

Vidéo 3TAMIS

> 2009 Le viol n’est pas animal – UNFPA

> 2009 Tous contre les violences sexuelles – UNFPA

> 2008 – Entretiens avec la mission belge, sur les violences faites aux femmes

> 2008 Femmes violées. Centre Olame Ministres belges Karl De Gucht et Charles Michel écoutent

> 2002 Femmes violées


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