Violences – ONU – Margot Wallstrom Rapport sur Violences sexuelles

De Mme Margot Wallström
Représentante spéciale chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits armés, en visite à Panzi

Premier rapport annuel de l’ONU au Conseil de sĂ©curitĂ© contenant une liste des personnes dĂ©noncĂ©es publiquement pour avoir commis des violences sexuellesWomen, Peace and Security – Conflict – Related Sexual Violence – New York, 23/02/2012
120221 ONU Violences sexuelles Conflit Rapport Margot Wallstrom (1)

De Mme Margot Wallström

Les violences sexuelles dans les conflits reprĂ©sentent un problème très sĂ©rieux qui touche aujourd’hui des millions de personnes dans le monde entier. Mettre fin aux violences sexuelles comme arme de guerre est toujours un des plus grands dĂ©fis Ă  la protection des droits de l’homme.

Le rapport annuel du Secrétaire général sur la question, publié cette semaine, est le premier à contenir une liste des personnes dénoncées publiquement pour crimes de violences sexuelles liés au conflit.

Cette liste est l’outil le plus rĂ©cent dont dispose le Conseil de sĂ©curitĂ© dans la lutte contre l’impunitĂ© et signifie de manière forte Ă  ceux qui tolèrent la violence sexuelle qu’ils agissent ainsi au mĂ©pris du droit international.

Certaines des histoires individuelles relatées dans le rapport sont simplement déchirantes. En Syrie, des témoignages ont été reçus selon lesquels des hommes ont déclaré avoir été victimes d’abus sexuels et ont été témoins de viols d’adolescents. Et en Libye, des femmes ont été kidnappées à leur domicile, dans leurs automobiles ou dans la rue et ont été violées en des lieux qui leur étaient inconnus, tandis que des hommes ont été sodomisés dans les prisons et dans les lieux de détention dans le but de leur soutirer des renseignements.

Le fait que le Conseil de sĂ©curitĂ© continue d’ĂŞtre saisi de la question des violences sexuelles dans les conflits est positif et encourageant. Je suis, cependant, gravement alarmĂ©e par les violations incessantes des droits de l’homme, y compris le taux Ă©levĂ© de viols liĂ©s aux conflits mondiaux. Il est particulièrement prĂ©occupant de constater que bon nombre des cas signalĂ©s de violence sexuelle semblent avoir Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©s par les forces de sĂ©curitĂ© nationale – par ceux-lĂ  mĂŞmes qui ont pour devoir de protĂ©ger leurs propres citoyens. Alors que l’uniforme doit symboliser la sĂ©curitĂ©, la discipline et le service public, dans de trop nombreux endroits il reprĂ©sente plutĂ´t le viol, le pillage et la terreur.

Une autre prĂ©occupation est l’utilisation des violences sexuelles, ou la menace de celles-ci, comme instrument de rĂ©pression politique dans le contexte des Ă©lections et des troubles civils. Nous avons aussi des exemples de diffĂ©rentes formes de violence sexuelle utilisĂ©es dans des centres de dĂ©tention et aux passages frontaliers dans diverses situations de conflit.

Les violences sexuelles liĂ©es aux conflits sont utilisĂ©es par les dirigeants politiques et militaires Ă  des fins politique, militaire et Ă©conomique, dĂ©truisant ce faisant le tissu mĂŞme de la sociĂ©tĂ©. Il s’agit d’une arme silencieuse, pas chère et efficace entraĂ®nant des troubles graves et Ă  long terme, et affectant Ă  la fois l’individu et diminuant les chances de construire une paix durable. Le mythe persiste selon lequel le viol est inĂ©vitable en temps de guerre. Mais si les violences sexuelles peuvent ĂŞtre planifiĂ©es, elles peuvent ĂŞtre punies; si elles peuvent ĂŞtre commandĂ©es, elles peuvent ĂŞtre condamnĂ©es.

L’impunitĂ© demeure une prĂ©occupation majeure dans de nombreux pays. C’est pourquoi je donne prioritĂ© Ă  la lutte contre l’impunitĂ© pour les crimes de violences sexuelles liĂ©es aux conflits. Nous avons vu les premiers rĂ©sultats de cette lutte, par exemple en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) oĂą, en moins d’un an, plus de 250 procès contre des Ă©lĂ©ments des forces de sĂ©curitĂ© nationale se sont tenus avec l’aide de l’Organisation des Nations Unies. Il en est rĂ©sultĂ© que plus de 150 personnes ont Ă©tĂ© condamnĂ©es pour viols et autres formes de violence sexuelle.

Il reste encore beaucoup Ă  faire dans la lutte contre le viol comme arme de guerre. Avec l’aide du Conseil de sĂ©curitĂ©, je vais continuer Ă  faire pression pour mettre fin Ă  l’impunitĂ© et veiller Ă  ce que les auteurs soient traduits en justice. Dans cette lutte, je compte sur le Conseil de sĂ©curitĂ© pour utiliser tous les moyens disponibles lorsqu’il le faudra.
Jusqu’au 31 mai 2012, Margot Wallström fut la ReprĂ©sentante SpĂ©ciale du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral (RSSG) chargĂ©e de la question des violences sexuelles dans les conflits (Margot Wallström quitte le poste pour des raisons familiales)

Margot Wallström est remplacée par Mme Zainab Hawa Bangura, de la Sierra Leone, le 22 juin 2012

2001/2002 – TĂ©moignages de femme, osant la parole, sous l’occupation de criminels dont certains sont toujours en libertĂ©, voire pour d’autres, sont devenus officiers de l’armĂ©e congolaise (Situation 2012 !)…

Comment est-il possible qu’aucune instance nationale ou internationale n’ait Ă©tĂ© capable d’imposer la rĂ©gulation de cette situation absurde, de flagrance de dĂ©ni de justice.

Avant 2001, cela se passait dans le silence des mĂ©dias…

Plusieurs années plus tard, à part la médiatisation et quelques moyens de soutien aux victimes, une constitution et des lois remarquables mais restées de papier, après un nombre incalculable de mission en tous genres pour constater la réalité des crimes (Vidéos 3TAMIS -> Education à la non violence), où en sommes-nous ?

Le fait d’avoir nommĂ© une ReprĂ©sentante spĂ©ciale Ă  l’ONU, traitant les problèmes de violences faites aux femmes est un pas important. Son travail nĂ©cessite soutient et persĂ©vĂ©rance, face Ă  une organisation, l’Etat congolais, qui ressemble Ă  une organisation mafieuse nationalisĂ©e avec pour complices, les Ă©conomies ultra libĂ©rales dont la prĂ©occupation n’est certainement pas le bien-ĂŞtre des populations qu’elles exploitent !

Mme Mallström, votre travail est immense, comme vous l’indiquiez dans votre intervention du 23 fĂ©vrier 2012, la question est aussi de savoir « si l’Ă©cart entre ce qui est dit dans cette Chambre (Conseil de l’ONU), et ce qui se passe dans l’au-delĂ  du monde, s’est rĂ©trĂ©ci. » (This is a chance to take stock of a fundamental question: namely, whether the gap between what is said in this Chamber, and what happens in the world beyond, has narrowed. )

Trop de personnalitĂ©s importantes ont Ă©mis de belles intentions Ă  la suite de leur mission en RDC, trop peu d’actes concrets en termes de soutien Ă  la restauration d’un Ă©tat de droit, ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s…

L’espoir est le meilleur moyen de souffrir dans la durĂ©e… alors, continuez avec la connaissance acquise des situations, et agissez !

Thierry Carton
Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité de son auteur et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de 3TAMIS. Le contenu des articles cités relève de la seule responsabilité de leur auteur et ne peut aucunement être considéré comme reflétant le point de vue de 3TAMIS et de Thierry Carton.

Constitution de la RDC

La Constitution de la RDC de 2005 reprend pourtant en son chapitre 1er « Des Droits civils et politiques », particulièrement en ses articles 14, 15 et 16, les postulats suivants :

Article 14 : Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits.

Ils prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation.
Ils prennent, des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée.
La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales.
L’État garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions.
La loi fixe les modalités d’application de ces droits.

Article 15 : Les pouvoirs publics veillent à l’élimination des violences sexuelles.

Sans préjudice des traités et accords internationaux, toute violence sexuelle faite sur toute personne, dans l’intention de déstabiliser, de disloquer une famille et de faire disparaître tout un peuple est érigée en crime contre l’humanité puni par la loi.

Article 16 : La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger.

Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit d’autrui et des bonnes mœurs.
Nul ne peut ĂŞtre tenu en esclavage ni dans une condition analogue.
Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Nul ne peut être astreint à un travail forcé ou obligatoire.

CaractĂ©ristiques d’une mafia WikipĂ©dia

Six caractéristiques définissent une mafia :

1. Structuration de l’organisation qui suppose un engagement rĂ©ciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes.

2. La violence qui est Ă  la fois utilisĂ©e pour accĂ©der Ă  des richesses et pour protĂ©ger l’organisation par l’intimidation.

3. La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale.

4. Un ancrage territorial. Ainsi tout en ayant des activitĂ©s internationales. Les mafias cherchent Ă  garder des liens sur leurs territoires d’origine.

5. La coexistence entre les activitĂ©s lĂ©gales et illĂ©gales entre l’ensemble des ressources de l’organisation. Seule l’Italie, confrontĂ©e de longue date aux phĂ©nomènes mafieux, a dĂ©fini le crime d’association mafieuse.

6. Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit Ă  l’Ă©chelle rĂ©gionale, soit Ă  l’Ă©chelle nationale. Grâce Ă  cette interpĂ©nĂ©tration, elle arrive Ă  accĂ©der Ă  certaines ressources, dont des marchĂ©s publics. Elle arrive dans certains cas Ă  agir en toute impunitĂ© judiciaire parce qu’elle monnaie son soutien Ă  la classe politique Ă  travers l’influence qu’elle exerce sur la sociĂ©tĂ©.

Pour en savoir plus

> ONU SRSG ViolencesRapport : Women, Peace and Security – Conflict – Related Sexual Violence – New York, 23/02/2012

Stoprapenow

> Centre Olame

> www.onufemmes.org


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