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Le ciné-club nouveau est arrivé !

Le ciné club nouveau est arrivé !
Cette fois, à l’Aliance française

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Le ciné-club est relancé à Bukavu, une initiative de l’association Lemafrika en partenariat avec 3TAMIS et l’Alliance française

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Samedi 21 avril 2012, le film « Bushi, l’épopée de la résistance face aux invasions » a été projeté à l’Alliance française de Bukavu.

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Il a été réalisé par Sylvain Mitima et produit par Mweze Ngangura, cinéaste bien connu originaire de Bukavu, invité par 3TAMIS au Festival de Bukavu de 2007 avec la projection de son film « Les habits neufs du gouverneur ».

La salle d’une capacité d’accueil de 120 personnes était pleine à craquer : plus de 150 spectateurs ont assisté à la première projection du film, une fiction sur base de faits historiques, dans sa version internationale !

L’entrée était gratuite et avec la présence du réalisateur du film, c’était très intéressant ! Après la projection, le public a pu échanger avec le réalisateur.

Dans l’objectif de susciter le goût de la culture du cinéma, le programme Ciné-club a été mis en place par l’organisation culturelle Lemafrika en collaboration avec 3TAMIS et l’Alliance française de Bukavu.

Depuis toujours, 3TAMIS a fait la promotion du cinéma avec le « Cinéma de la Concorde » où des films de qualité étaient projetés sous la forme « Art et essai », avec les cinés club universitaire mais à cette époque, faute d’intérêt du public et d’appui, les activités avaient été abandonnées.

Seules, les projections de films avaient subsistés grâce aux Festivals de Bukavu ou, à l’occasion de visites de réalisateur comme Thierry Michel pour son film, « Congo river ».

La relance des séances hebdomadaires de cinéma à Bukavu est donc une très bonne nouvelle !

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Que raconte « Bushi, l’épopée de la résistance face aux invasions » ? (Durée : 52 minutes)

Après la conquête du Bushi par les Bahizi qui viennent de Luindi, le royaume du Bushi l’organise jusqu’à atteindre son âge d’or par son caractère stable et ordonné.

Après plusieurs consultations des Mânes (Esprits des ancêtres), les oracles (personnes sensées prédire le futur) annoncent l’arrivée des peuples vêtus des pieds jusqu’à la tête et qui vont conquérir le royaume et le nom du roi va tomber dans l’oubli.

C’est ainsi que des siècles après, les arabes qui font le trafic négrier arrivent. Ils vont se buter à une grande résistance à Ishagishe dans le Bugweshe (actuel Ngweshe). Mais la dynastie Kabare est intraitable et ne veut souffrir d’aucune éviction du fait des tentatives de conquêtes des gens venus de l’Est.

La paix règnera dans la région des Grands Lacs jusqu’à la mort de Mutara 1 roi du Rwanda.

Après cette période, son successeur Kigeri 4 Rwabugirhi avec la reine mère du Rwanda vont tenter d’annexer les Bushi à leur royaume. Le mwami Kabare Rutaganda les tient en  échec à Kanywiriri vers Nyangezi. Le césar du Rwanda meurt sur le champ de bataille au moment de traverser le lac Kivu pour rentrer dans son royaume.

Le premier européen ayant accédé au lac Kivu fut le comte Gustav Adolf von Götzen, en 1894. Les Bishugi et les Bahaya vont se coaliser pour faire reculer les conquérants. L’icône de la résistance, Kabare Rugemanizi, prend le pouvoir et grâce à sa force herculéenne, canalise une résistance mystico-militaire.

A cette période, il y avait une organisation très structurée et une administration bien hiérarchisée dans le Bushi. Les Bashi allaient dans d’autres royaumes pour enseigner aux autres comment s’organiser. La civilisation dans la région rayonnait. L’industrie lithique fonctionnait dans la chefferie Kaziba, on y fabriquait les lances, les épées, les couteaux à utiliser pendant la guerre. Les Européens sont venus juste faire un ajout à la civilisation et une organisation qui existait.

Le film relate donc l’histoire du Bushi à son âge d’or quand des peuples arrivent tour à tour pour implanter une nouvelle civilisation : les arabes, les rwandais, les allemands et les belges…

Le tambour Kalyamahugo traverse les siècles. Dans le Bushi, c’est le tambour des tambours. Auparavant, il parlait comme un homme pour annoncer le message dans tout le village; Il annonçait les bonnes  nouvelles (naissance du prince, bonne récolte) et les mauvaises nouvelles (la guerre).

Ce royaume survivra-t-il à ces différentes conquêtes ?

Le Ciné-club a en fait commencé le 14 avril avec le film « Drum » du réalisateur Zola Maseko. Avec les deux premières projections, la satisfaction est totale de la part des spectateurs. Avec environ 110 personnes le jour de l’ouverture du ciné-club et plus de 160 personnes au deuxième jour, il est possible de dire que la pratique du cinéma peut encore être redynamisée à Bukavu qui a longtemps souffert de manque d’espace culturel hebdomadaire.

L’initiative est encouragée par de nombreuses personnes. Elle arrive au moment où il y a une perte de repères culturels, puisque le pays n’a plus investi dans la Culture depuis longtemps.

Comment peut-on imaginer que Bukavu n’ait pas de salle de Cinéma ? C’est très étonnant n’est-ce pas ? Pourtant,  il y a près de 15 ans, plusieurs salles de cinéma appartenant à l’Etat ont été vendues à des sectes et autres églises du renouveau, comme si les églises existantes n’étaient pas suffisantes !

Et ce n’est toujours pas la priorité du gouvernement central ou provincial de doter la ville d’un centre culturel moderne où chacun pourrait profiter du plaisir de la Culture…

L’initiative de Lemafrika et 3TAMIS avec le concours de l’Alliance française, même avec peu de moyens, repose sur l’idée que «Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent», revendication formulée dans la  Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en son article 27.1.

3TAMIS et ses partenaires, par son action sur le long terme, présupposent que la Culture sera à nouveau au centre des préoccupations des responsables politiques, le jour où ils seront enfin dignes de leur mission.

Au cours du débat, Sylvain Mitima a été vivement félicité ! Gervais Chirhalwirha, professeur des lettres et de la linguistique à l’ISP (Institut Supérieur Pédagogique) et conseiller au gouvernorat de la province, souligne que c’est une première de voir l’histoire du Bushi sur écran ; Il imagine que cela donnera l’envie et le courage à d’autres talents à concevoir des scénarios originaux pouvant intéresser de grands producteurs.

Le samedi 28 avril 2012, déjà présenté au Festival de Bukavu 2008 « Pièce d’identité » de Mweze Ngangura sera à nouveau à l’affiche. Si vous aimez la culture, ne ratez donc pas le rendez-vous, à 17 heures précises à l’Alliance française !

Eliane Polepole

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Sylvain Mitima est un jeune réalisateur congolais d’une trentaine d’années. Dès son jeune âge, il s’intéresse à la culture et faisait partie de la troupe théâtrale Aurore. Après avoir obtenu sa licence en Développement à l’ISDR (Institut Supérieur de Développement Rural), il s’est spécialisé en audio-visuel à Kinshasa en 2009 chez Souka Production où ils avaient fait beaucoup d’œuvre avec les enseignants venant de l’institut national des sciences des arts et spectacles. Il est coréalisateur avec l’asbl Yole Africa du Nord Kivu, du film documentaire « La plage de Goma ».

Il avait participé avec 3TAMIS comme coréalisateur  du documentaire « Hakuna Sheria » produit par 3TAMIS et où il intervient comme acteur principal, et également coscénariste du documentaire fiction « Et si cela arrivait à ta propre fille » réalisé par 3TAMIS et produit par UNICEF.

Pour ce film qui parle de l’histoire du Bushi, Sylvain était porteur du projet depuis plusieurs décennies. Au moment où il termine ses études secondaires, il se rend compte que peu de documentaires audio-visuel racontaient l’histoire de anciens royaumes. Il étudia les auteurs ayant focalisés leur attention sur le royaume du Bushi et proposa son projet à Mweze Ngangura. En 2010, Ngangura accepte de produire le film documentaire. Le montage devait se faire à Bruxelles mais le producteur, malade à ce moment présenta Sylvain Mitima à Léonce Ngabo, réalisateur Burundais avec qui il a poursuivi le montage au Burundi.

Le montage a été réalisé dans des conditions techniques difficiles : déficience du courant électrique et suite à quelques caprices techniques, deux disques durs externes ont été bousillés. Résultat : le projet a été perdu deux fois de suite alors que tout était déjà presque fini ! De cette expérience, le projet a été sauvegardé sur plusieurs  supports.

La version anglaise est en cours de réalisation aux Etats-Unis. Le film est programmé au « Festival Résistances » organisé à Foix près de Toulouse, en France.

Brève présentation de l’ASBL Lemafrika
Lemafrika ASBL est une ONG de droit congolais créée par des opérateurs culturels, artistes et acteurs de développement de Bukavu. Elle est impliquée dans le domaine du cinéma, de la musique, de l’art et de la culture  ainsi que l’éducation environnementale et ce, dans une approche de recherche-action participative, la promotion du patrimoine culturel, environnemental et humain.

Pour en savoir plus

> Festival Résistances – France

> Mweze Ngangura

> Festival de Bukavu
> Festival de Bukavu de 2007
> Le Cinéma de la Concorde
> Club culturel inter Universitaire de Bukavu – Darwin

> Club culturel inter Universitaire de Bukavu – Lord of War

> Déclaration universelle des droits de l’homme
> Gustav Adolf von Götzen
> Traite arabe
> Christophe Munzihirwa – Pouvoir royal et idéologie : rôle du mythe, des rites et des proverbes dans la monarchie précoloniale du royaume de Kabaré


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