Alert international Formation Bukavu


« Il était une fois, dans une région, des communautés qui avaient, vis-à-vis des autres, des perceptions. Les membres de chaque groupement étaient enfermés sur les valeurs liées à leurs cultures. Un jour des jeunes issus de ces regroupements se rencontrèrent dans une manifestation au cours de laquelle chacun occupait une place selon le choix de leur hôte. Ceci créa un lien entre les uns et les autres. Quelques jours après, des relations naquirent et ces jeunes émirent le souhait de briser dès lors les barrières qui existaient jadis entre eux ». 

Sous l’initiative de l’organisation non gouvernementale Alert International, dans son projet « Vijana tunaweza » (jeunesse nous pouvons), il s’est tenu à Bukavu, du 31 Septembre au 04 Août 2018, un atelier de formation qui a rassemblé 32 jeunes du Sud-Kivu pour renforcer leur niveau de leadership.

 

 

formation bkv

Après les différentes formations antérieures, les acteurs du changement qui sont ces jeunes leaders ont été emmenés à se rencontrer pour partager les expériences et acquérir des nouveaux outils pour les rendre plus efficaces dans leur mission de mener les actions dans le but d’apporter des solutions aux problèmes sociaux.

Dirigé par Gérard Guévorts, formateur international et Coach en développement personnel, l’atelier s’est articulé sur trois temps forts.

Le partage d’expériences personnelles et collectives.

Les leaders venus des Hauts Plateaux de Minembwe et de Fizi (Banyamulenge) ont eu le temps de passer en revue les problèmes qui existent dans leur zone. L’on peut citer à titre d’exemple l’existence des groupes armés qui enrôlent les jeunes, les conflits entre agriculteurs et éleveurs, les considérations d’ordre culturel qui discriminent le genre féminin, les difficultés de cohabitation avec les communautés voisines, les Babembepar exemple, etc.

Ceux de Bukavu ont présenté les difficultés liées au manque d’emploi. C’est ce qui les pousse à orienter plus les actions vers l’entrepreneuriat et la création d’emplois. A cela s’ajoute le combat pour l’acceptation des compétences des femmes. Bien que la situation ne soit pas la même comme dans les zones reculées (Fizi et Minembwe) où la jeune fille est « considérée comme une marchandise », «une main-d’œuvre domestique» et par ricochet elle n’a pas droit aux études. Déjà dans le milieu urbain, les filles étudient et ont des titres et des compétences que les hommes mais elles ne parviennent pas à trouver les mêmes considérations que son partenaire homme.

Les uns comme les autres ont présenté comment ils font le plaidoyer pour chercher la solution aux problèmes rencontrés. Ceci a poussé le formateur à focaliser son action sur les outils de communication.

 

 

 

Les outils de communication développés par Gérard Guévorts.

Après avoir rappelé les notions sur le leadership d’impacts et ses effets, le formateur montre que le leader est un agent de communication. Pour partager les opinions, l’on doit être dans une situation de communication.

Le leader doit d’abord connaître son caractère (connaissance de soi) pour savoir ses forces et ses faiblesses et ainsi ajuster son comportement devant telle ou telle autre personne. Il doit être en mesure d’établir une harmonie entre les idées, les émotions et le comportement. Ce sont ces trois facteurs qui entrent en concours lorsqu’une personne communique. Le savoir, ensemble des connaissances théoriques et techniques, le savoir-faire qui est l’ensemble d’attitudes ou manière de faire les choses, le savoir-faire qui se traduit par le comportement, les gestes ou mouvements du corps. D’où, il fallait expliciter et hiérarchiser les canaux de communication (le corps, la voix et les mots), et aussi montrer, par des exercices, comment ils entrent en jeu pour la transmission du message.

Les exercices d’assimilation en groupe

Pour faciliter l’intériorisation des notions apprises, il était nécessaire de sortir de la sphère théorique pour permettre aux participants de s’expliquer à nouveau et essayer d’adapter celles-ci au contexte des projets (personnels ou collectifs). C’est un moment capital, car c’est une occasion d’utiliser les termes originaires (à partir des dialectes de provenance), illustrer des cas par des scénettes. Aussi avoir l’aperçu sur le projet du voisin et créer des liens personnels.

A l’issue de cette formation, les participants ont exprimé les sentiments de satisfaction. Ils ont pris des engagements et émis certaines recommandations :

  • Appuyer les projets initiés par les participants pour qu’ils réussissent à les asseoir dans leurs milieux respectifs ;
  • Faire une formation sur la mise en scène pour que les acteurs soient en mesure d’improviser et former par le divertissement ;
  • Faire participer les jeunes de Bukavu dans les activités menées dans les milieux ruraux ;

 

 

« Ne doutons jamais qu’un petit groupe de citoyens consciencieux et engagés puissent changer le monde. C’est même la seule chose qui peut le faire », affirme Margaret Mead.

La suite de cette formation interviendra en Octobre 2018 où ces jeunes reviendront évaluer et dire comment elles ont appliqué les techniques apprises.

Revocatus NAMEGABE

Journaliste


'Alert international Formation Bukavu' has no comments

Be the first to comment this post!

Would you like to share your thoughts?

Your email address will not be published.

L'utilisation totale ou partielle de n'importe quel contenu de ce site est soumise à la condition de référencer celui-ci correctement. L'utilisation commerciale est proscrite sauf autorisation explicite.Copyright 3TAMIS