Le Festival de Bukavu, FestBuk

La nécessité d’un espace où demeurer

Le Festival de Bukavu est né en 2005 sous forme de cinéma ambulant à l’initiative de 3TAMIS. Il était important de permettre l’accès à la Culture au plus grand nombre en allant proposer des films présenté avec une image et du son de qualité numérique dans les quartiers populaires et pas seulement au centre-ville de Bukavu.

Ce furent des moments mémorables, comme la première projection à Bagira à un moment où le Sud-Kivu est encore occupé par les rebelles, de « Hakuna Sheria – Pas de justice », une production entièrement réalisée par 3TAMIS avec des moyens rudimentaires et un florilège incroyable d’ingéniosité ou bien encore, comme cela fut le cas à Chai, un quartier populaire qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes pour voir le documentaire « Mobutu, roi du Zaïre » de Thierry Michel et enfin, avec cette image symbolique sur l’île d’Idjwi , d’une femme tenant un micro pour réexpliquer comment voter lors de la première élection démocratique du pays, dans une région où c’est d’abord le chef qui a la parole !

Deux ans après sa création, le FestBuk est devenu pluridisciplinaire : au cinéma s’est ajouté le théâtre, la musique et la danse traditionnelle ou actuelle, la randonnée, les conférences et les ateliers de formations, ceci pour tenir compte des besoins et des potentialités culturelles locales et régionales. L’idée est de rassembler des personnes d’horizons et de nationalités différentes autour de la fête qu’est le FestBuk où, à partager des moments d’Histoire comme cela s’est fait avec la performance des actrices burundaises dans « Les recluses » qui racontaient le calvaire du viol, dont elles-mêmes avaient été victimes.

Pluridisciplinaire, le FestBuk est en transhumance d’un endroit à l’autre de la ville  

Le Festival a transhumé de l’Hôtel des postes au Cercle sportif de Bukavu, au terrain de l’ISP, à l’esplanade de la commune de Bagira, à l’Institut français, au collège Alfajiri et au stadium de basketball de Vamaro. Et en 2020 ?

Les éleveurs d’Afrique savent que ce déplacement a pour but de chercher les endroits propices au mieux-être, à la diversité des expressions et des publics. C’est de cette manière que les pasteurs déplacent des troupeaux à la recherche des pâturages plus frais afin qu’ils prospèrent.

A la recherche d’un endroit propice au Festival  

Chaque année, les autorités municipales et provinciales du Sud-Kivu sont sollicitées en vue de trouver un terrain approprié au Festival et à la Culture de manière permanente et stable, en vain…

Pourtant la Constitution de la RDC indique en son article 46 que : Le droit à la culture, la liberté de création intellectuelle et artistique, et celle de la recherche scientifique et technologique sont garantis sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. … Il protège le patrimoine culturel national et en assure la promotion. 

Jeunes artistes cherchent espace d’expression

Les artistes se serrent les coudes pour ne pas disparaitre compte tenu du manque d’espace propice à leurs différentes créations.

Si le Festival tient à ce que certaines de ses activités restent décentralisées pour être proche des gens, il est aujourd’hui nécessaire, indispensable qu’il puisse se réaliser dans un espace approprié dédié à l’Art sous toutes ses formes et accueillant pour les artistes et les spectateurs. Ce centre pourra héberger des sessions de formation, des rencontres tout au long de l’année et bien d’autres choses encore.

Le Festival n’est pas la propriété d’une personne

Le Festival de Bukavu n’est pas la propriété d’une personne. Il appartient aux artistes de Bukavu. Il les rassemble parce qu’il leur ressemble. En effet, la vie des artistes de Bukavu se construit et se mire dans le FestBuk qui reste attentif à leur développement. Par 3TAMIS, le FestBuk capitalise les résultats des rencontres entre artistes et professionnels de différentes filières. Ensuite, il les accompagne dans la valorisation et la mobilité de leurs œuvres.

La démocratie se mesure à son degré de liberté d’expression

Les artistes peuvent être des artisans de la paix et  du développement dont les dirigeants politiques et le peuple ont besoin pour l’équilibre et la cohésion sociale du pays et de ses voisins.  Le Festival de Bukavu a été créé pour la promotion de la paix et l’éducation à la démocratie : il partage un ensemble de valeurs auxquels les artistes sont invités à comprendre le sens et à les mettre en œuvre, ainsi que de développer le sens critique du discours pour éviter d’être complice de la manipulation politique et religieuse et d’être impliqué dans les conflits armés. C’est ce cadre de valeurs humanistes que propose le Festival qui permet la liberté d’expression respectueuse des personnes et de leur environnement.

Le Festival, une activité économique à soutenir

Les artistes sont une source de revenus pour la ville alors que la plupart de leurs spectacles au Festival sont gratuits. En effet, les hôtels, restaurants, bars, salles et transports accueillent les festivaliers et les artistes alors que l’organisation est sponsorisée par les coopérations internationales. C’est ce que les autorités de Goma ont compris avec le Festival Amani…

Avec le FestBuk, Bukavu a déjà offert l’hospitalité à de nombreux artistes et partenaires venus de Goma, Kisangani, Kinshasa, Lubumbashi, Kigali, Bujumbura, Washington, Bruxelles, Paris, Rome, Berlin, Ouagadougou, etc. Mais, cela reste confidentiel.

En grande majorité, les artistes de Bukavu sont jeunes. Beaucoup sont des universitaires au chômage mais qui ont décidé de convertir leurs talents en créant leur propre activité professionnelle.

Un centre culturel à Bukavu, un « must » !

En leur facilitant la vie d’artiste par la mise à disposition d’un espace permanent pour le Festival, la création et la production artistique, ils pourront apporter un plus à l’essor du pays.

Le Festival de Bukavu est un cadre et un espace pour les jeunes « de tout âge ». Il est l’identité d’une ville qui se veut dynamique, alors,  Bukavu, réveille-toi !

Quatorze ans d’existence avec dix éditions, c’est un parcours significatif !

Que vive le FestBuk 2020 !

2007
2008

Franck Mweze

15 septembre 2019


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