L’objectif était de poursuivre la réalisation de l’émission communautaire commencée à l’occasion de la Marche mondiale des femmes qui s’est tenue à Bukavu en octobre 2010 avec l’appui de Jean Pierre Winberg directeur de no télé et de Carole Amorison, journaliste. (Voir article lié)
Bukavu avait accueilli du 13 au 17 octobre 2010, des milliers de femmes venues en solidarité avec les femmes congolaises, et spécialement, celles du Sud-Kivu, victimes des violences sexuelles et de violences de tout genre. (Voir article Marche mondiale 2010)
3TAMIS avait alors identifié des femmes leader de la société civile, susceptibles de parler avec d’autres femmes, sur ce thème de la violence faite aux femmes.
Pour une question de temps, le montage n’a pu être terminé pendant le séjour de No télé à Bukavu, alors que les femmes et 3TAMIS découvraient progressivement la valeur de cette démarche pendant ces 10 jours de travail intense.
La première étape de la réalisation faite, il fallait passer au montage et pour rester cohérent avec la démarche, le groupe a été invité en Belgique pour le finaliser dans les studios de No télé ! 4 femmes leader, Franck et moi ont pu se libérer.
Ce fut déjà une fameuse opération menée par Franck et un bel acte de confiance de la part des partenaires officiels belges, que d’avoir réussi à faire venir cette petite équipe en Europe !
Un projet « Kwetu, Kwenu ! »
La réalisation de l’émission communautaire fait partie du programme initié par No télé et 3TAMIS dans le cadre du renforcement croisé des compétences en matière d’échanges de réalisation audiovisuelle pour la promotion des deux provinces, le Sud Kivu et le Hainaut, de collaboration à la création d’une télévision communautaire « 3TAMIS télévision » au Sud-Kivu.
Ce projet « Kwetu, Kwenu ! » est soutenu par Wallonie Bruxelles International - WBI.
Emission communautaire, une réalisation des citoyens avec le soutien de professionnel de la communication : Une première au Sud-Kivu !
No télé a une longue expérience en ce domaine, vous trouverez en bas de page, la description qui en est faite.
Une opportunité pour 3TAMIS et les citoyens du Sud-Kivu
L’émission communautaire est une opportunité dans notre action car elle renforcera le lien de confiance qui existe entre la population locale et 3TAMIS.
Le groupe porteur est privilégié puisqu’il a la parole pour dénoncer ce qui ne marche pas correctement dans notre société.
Elle permet aux citoyens de s’exprimer et faire entendre leurs voix partout où ils souhaitent être entendus. C’est important en ce sens que les politiques sont interpellés quand ils auront à suivre les émissions communautaires sur des thématiques qui les concernent directement. La diffusion de cette émission sur les chaines locales et nationales permettra de faire découvrir la nouvelle expertise de 3TAMIS en matière d’émission communautaire.
3TAMIS devrait organiser une soirée débat entre le groupe porteur et les pouvoirs publics ou privés concernés par la situation.
Expériences acquises
Sur la réalisation d’une émission communautaire
Avec l’aide de Carole Amorison, journaliste no télé, la spécialiste de l’émission communautaire, j’ai appris comment il faut se comporter avec le groupe porteur du projet, comment accompagner et guider le débat d’une manière la plus objective possible tout en écoutant le point de vue de chacun pour aboutir à une fin satisfaisante qui cadre avec l’objectif poursuivi et le respect des choix et de l’expression du groupe.
Ce que disent les femmes sur leur expérience d’émission communautaire
« Les différentes étapes de cette émission m’ont permis de vivre un contexte différent de celui que j’ai toujours vécu » explique Solange Lwashiga. Je suis toujours interviewée par des journalistes mais cette fois ci, au lieu que ce soit moi qui me prononce par rapport à une situation donnée, c’est moi qui ai tendu le micro aux hommes et aux femmes pour qu’ils puissent s’exprimer par rapport aux différentes thématiques choisies. Tendre le micro m’a permis d’écouter attentivement les différentes interventions pour me permettre de voir comment orienter les questions ou tout simplement décider de stopper l’interview.
J’ai aussi découvert que ce n’est pas toujours facile de décrocher une interview surtout en milieu rural. La situation devient encore compliquée quand on est accompagné d’un homme de couleur considéré comme quelqu’un qui a de l’argent. Il y a donc risque de conditionner l’interview par une motivation en argent. Dans pareilles circonstances, c’est question d’user des stratégies pour que la personne à interviewer adhère en lui expliquant davantage l’importance de l’entretien.
La communication devient confiante quand celui qui fait les interviews connait la langue du milieu (langue locale). L’autre problème est celui lié aux questions à poser. J’ai constaté qu’il n’est pas facile de poser des questions et surtout celles qui cadrent avec la gouvernance, la paix et la sécurité».
Claudia Nfundiko souligne, je cite « le dérushage m’a permis de voir comment on fait le montage, comment les interviews se complètent d’une manière logique même si les interviewés vivent dans des milieux différents ».
Espérance Mawanzo et Stella Yanda soulignent de leur coté que cette expérience leur a permis de se rendre compte de la délicatesse du travail de journaliste et elles sont convaincues que cette émission sera un outil de sensibilisation pour les membres de leurs associations et de plaidoyer à mener auprès des autorités.
Ressources, difficultés et limite de l’émission communautaire à partir de cette première
Ce n’était pas facile de travailler un tel projet avec un groupe non professionnel des médias. Partir de 15 heures d’images et d’interviews pour aboutir à 45 minutes de documentaire n’était pas une tâche aisée, cela a pris du temps parce que tout devait être visualisé et discuté par l’ensemble de l’équipe. C’est le groupe qui choisi les interviews à retenir, les images à mettre sur le commentaire. Le rôle du journaliste est de guider et d’inviter le groupe à respecter certaines normes du documentaire.
Formation au montage.
No télé a fait le choix du montage numérique sur le logiciel Final Cut Pro. Cette initiation augmente les capacités des 3TAMIS à travailler sur différentes plateformes de montage « off line », puisque le programme utilisé jusqu’à présent aux 3TAMIS est AVID Média composer.
Avec les conseils de Carole, j’ai affiné ma compétence à l’écriture du récit et son illustration pour faciliter la lecture en allant à l’essentiel, tenant compte des contraintes de la démarche émission communautaire, de l’image et tout cela dans une durée déterminée.
Accueil à Tournai, à No télé
Déjà lors de ma première mission en février 2010 avec Patrick Byamungu, j’avais apprécié l’accueil chaleureux des tournaisiens !
Une nouvelle fois, tout a été fait pour que nous nous sentions bien malgré le froid polaire, et que cela se passe dans les meilleures conditions possibles que ce soit « au travail » ou dans nos moments de détente.
Au nom des invitées, avec Franck qui se joint à moi, je remercie Jean Pierre, Carole, toute l’équipe de No télé, les amis et amies de Belgique pour le temps pris à s’occuper de nous, pour l’investissement financier et institutionnel, pour leur attention à ce que les objectifs soient atteints : la réalisation d’un document important qui fera date, le développement de nos compétences professionnelles, le renforcement d’un partenariat atypique de télévision Sud Nord…
Merci à Jean Pierre et à la MHCP pour l’hébergement. Super !
Merci à Anne Dechamps et Christine Favart de WBI pour leur soutien renouvelé à ce projet et leur accueil lors de la réunion institutionnelle WBI No télé et 3TAMIS.
Conclusion
La réalisation de l’émission communautaire sur la situation de la femme congolaise du Sud-Kivu a renforcé :
Le partenariat entre 3TAMIS et No télé : il crée une complicité et une meilleure connaissance de l’autre tout en renforçant les compétences techniques ou d’expertise en politique et culture des pays respectifs.
Il en va de même au niveau du partenariat entre 3TAMIS et les responsables des associations féminines de la société civile du Sud Kivu et entre elles.
Un sérieux travail a été réalisé en 15 jours. Le groupe a constaté la nécessité de réaliser des travaux complémentaires : interviews ou images d’illustration. Il est prévu que je revienne finaliser le document, cette fois seule, car il s’agit de finition technique.