Et à Uvira ?
Le 15 mars 2011, la CENI a débuté les travaux à Uvira, ville portuaire au sud de la province à 20 km du Burundi.
Les agents de la CENI ont reçus une formation sur la logistique et les élections, organisée par la section électorale de la MONUSCO et de l’Etat Congolais. Cette formation a été suivie par la réception des kits électoraux et par l’identification des centres d’inscription.
Sur 303 centres prévus pour la province du Sud-Kivu, le territoire d’Uvira en compte 50. Uvira - ville en reçoit 5 : Kavinvira (à la frontière avec le Burundi), Kasenga, Mulongwe, Kimanga et Kalundu (au port sur le lac Tanganyika).
Cela crée un problème pour la population de la cité : en 2006 lors des dernières élections toutes les écoles servaient de centre d’indentification et d’enrôlement. Les gens ne comprennent pas pourquoi la CENI a réduit le nombre des centres d’inscription.
1er avril 2011 : Début des opérations d’enregistrement et d’enrôlement à Uvira.
Une autre motivation à obtenir sa carte d'électeur... :
Les déplacements entre Bukavu et Uvira par le Rwanda et les échanges entre Uvira et Burundi sont difficiles car au niveau des frontières, seules les nouvelles cartes et le passeport sont valables, les anciennes cartes ainsi que les attestations de perte des pièces sont déclarées expirées et donc non valables !
Il est constaté que dans certains centres d’inscription, une longue file des demandeurs des cartes; cela pousse certaines personnes pressées par le temps à recourir à la corruption en donnant 1.500 Fc ou 2.000 Fc aux policiers, agents du centre voire les agents de l’Etat, et même les hommes politiques pour passer avant les autres…
Au niveau du centre de Kavinvira, à la frontière avec le Burundi, cette pratique est encouragée par les Congolais vivant à Bujumbura. Cela décourage une partie de la population, scandalisée par ces pratiques mafieuses dont certaines autorités se font parfois complices.
Pour d’autres, la révision du fichier électoral ne changera rien à leur vie car disent-ils : « les premiers élus n’ont fait que s’enrichir au détriment de la mission leur donné par la population ». Et pour d’autres encore, rien ne sert de courir, la révision du fichier électoral dure 3 mois, il y a encore du temps : « mieux vaut tard que jamais disent-ils ».
Zéphyrin Bungiasi