Comme souvent en RDC, les techniciens du barrage avaient réussi l'extraordinaire : maintenir en état la seule turbine, le seul alternateur sur les 5 groupes prévus à l'origine... en 52 !
Aujourd'hui, Kalemie est sans électricité.
Seuls les riches, les commerçants et organisations internationales, quelques complexes sanitaires allument leurs groupes électrogènes jour et nuit.
Là, les amateurs de Tembo peuvent trouver leur boisson préférée.
Certains restaurants ne fonctionnent que sur « commande à l'avance », n'ayant pas la capacité de conserver les aliments.
Le carburant est cher et il pollue par son bruit lancinant, ses fumées, son odeur... Comme s'il n'y avait pas d'autres dépenses à faire dans ce pays riche en énergie renouvelable...Une ineptie de plus.
Kalemie : la communauté humanitaire se mobilise contre le choléra
25 septembre 2009
Les chiffres :
Depuis le début de l'épidémie de cholera à la mi-juillet de cette année, 1 373 cas pour six décès ont été enregistrés dans le district du Tanganyika. La zone principale de l'épidémie reste la ville de Kalemie où quelque 1 000 cas de cholera ont été rapportés, avec un pic au cours de la semaine 38 où l'on a enregistré 252 cas.
Selon Dr Kirongozi Tambwe, Médecin Chef du District de Tanganyika, la tendance est actuellement à la baisse au regard des résultats du suivi journalier des cas. « La moyenne journalière d'admission est d'environ 20 malades sur la période du 15 juillet au 23 septembre 2009 », a-t-il précisé à OCHA.
Le taux journalier de nouveaux cas admis au centre de traitement de cholera est passé à 40 malades. Pendant un mois et demi, ce centre a déjà accueilli 1. 029 malades, dont deux décès.
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L'activité du port déjà handicapée par la vétusté de ses installations et l'ensablement - un projet CTB, Coopération technique belge est en cours de réalisation - est plus encore limitée car l'étonnante grue construite en 1959, est aujourd'hui inutilisable car elle fonctionne à l'électricité !
La SNEL et la REGIDESO ont recours à l'aide internationale pour la fourniture de carburant. Il est prévu la fourniture de plusieurs groupes électrogènes, l'extension du réseau de tuyaux hors la ville, afin d'assurer la distribution d'une eau traitée aux bornes fontaines.
Différentes associations ont été engagées pour mettre une dose de chlore dans chaque bidon d'eau en provenance du lac.
Le système fonctionne plutôt bien, mais forcément ne contrôle pas tout... Un jour, le responsable d'une borne fontaine a estimé qu'il n'était pas assez payéou était fatigué, ou... et ne s'était pas présenté. Conséquence : des dizaines de femmes ont attendu toute la journée sans obtenir une seule goutte d'eau, sans porté plainte... Le comble : elles l'ont acclamé le jour suivant !
Par principe - le refus de la gratuité et pour constituer une réserve pour la rémunération de l'employé et l'entretien de l'installation, il est demandé une petite somme pour le remplissage d'un bidon d'eau, selon son volume.
Où sont les Hommes ? Ce qui est étonnant à voir, c'est le peu d'hommes à accomplir cette tâche lourde, le transport jusqu'à des bidons de 25 kilos, dangereux à terme pour la santé, particulièrement pour les fillettes, les jeunes femmes et les femmes enceintes...
Les jeunes offrent leur service pour transporter sur leur vélo, plusieurs bidons parce qu'ils peuvent gagner un « 250 FC » ou 31 centimes de dollars par bidon...
Prennent-ils le temps de faire mettre une dose de chlore et qu'en est-il des saletés contenues dans l'eau ?
Pourquoi des femmes choississent encore l'eau du lac à l'eau potable de la Regideso ?
Parce qu'il faut souvent attendre des heures entières et parfois se battrent pour accéder à la borne fontaine, certaines femmes préfèrent chercher l'eau du lac, tout en étant conscientes de sa dangerosité...
D'autres ne supportent pas l'odeur du chlore dont les doses sont certes standardisées mais pas toujours en fonction du degré de salisure. Et puis il n'y a pas de frigo pour rafraîchir l'eau et réduire son odeur caractéristique.
Certaines pensent qu'en allant tôt le matin, et suffisamment loin dans le lac, elles peuvent trouver de l'eau propre, les vagues ayant renouvellé sa qualité...
Mais qu'en est-il de la filtration et donc de l'ingestion des saletés, du respect d'attente d'une demi heure pour que le chlore fasse son effet, ...
La saison des pluies s'annonce.
Déjà le choléra sévit, même si grâce à la forte sensibilisation et les moyens mis en œuvre, les risques d'une catastrophe sanitaire ont été limités, mais pour combien de temps ? Lire l'article OCHA ci-après...
Le choléra... une hantise mais quand vous voyez tout ce qui se passe le long du rivage et la situation sanitaire générale de la ville où depuis des années, aucune initiative n'a été faite pour investir dans des projets cohérents de développement durable pour gérer les déchets de toutes natures, il ne serait pas étonnant de voir se déclarer un plus grand nombre de cas.
Les pluies vont laver les sols, les rues, les imnondices sauvages, les latrines (peut-on parler de toilettes...) et tout faire descendre au lac à l'endroit où des femmes iront prendre l'eau...
Cette situation peut durer des mois, le temps de trouver des pièces de rechanges ou de les fabriquer, de réaliser l'étude, le financement, la construction des groupes hydroélectriques en Afrique du Sud semble-t-il, leur installation...
Pas de solution à la panne de la centrale de Bendera avant 2010: Kalemie toujours dans le noir...
30 août 2009 à 16:24:08 - Radiookapi.net
Les habitants de Kalemie devront se résigner :il n’aura pas de rétablissement du courant électrique de la centrale hydro-électrique de Bendera avant l’année prochaine. C’est ce qui ressort de la communication faite, samedi, à la presse locale par l’Administrateur- directeur technique (ADT) de la Société nationale d’électricité( Snel), Lokala, qui revient d’une mission de 2 jours à Bendera, rapporte radiookapi.net
L'article ne dit pas s'il est dans les projets de réhabiliter complètement la centrale en y installant enfin les 5 alternateurs initialement prévus à l'origine !
Le courage de la population de Kalemie en sera récompensé...
Santé :
La tendance à la hausse des cas de cholera observée dans le district sanitaire du Tanganyika depuis la 30ème semaine épidémiologique, s’est poursuivie au cours de la 33ème semaine. Cette augmentation de cas concerne essentiellement les ZS de Kalemie et de Nyemba, particulièrement la ville de Kalemie où le CTC - centre de traitement du choléra - a enregistré environ 72 cas et 0 décès (ZS de Kalemie et Nyemba). Pour faire face à cette situation, les acteurs du secteur de la santé ont poursuivi les activités d’approvisionnement en intrants de prise en charge médicale dans différents CTC (UTC). Ils ont également poursuivi le pré positionnement d’intrants de prise en charge médicale dans les sites á risque. En revanche, on constate une diminution de cas au cours de la semaine dans les zones de santé de Moba (10 cas), Kongolo (1 cas) et Nyunzu (2 cas).
D’une manière générale, la prise en charge médicale des malades est bien assurée par les partenaires humanitaires.
Eau, Hygiène et Assainissement :
Face á la flambée de cas de cholera dans la ville de Kalemie du fait de l’inaccessibilité des populations à l’eau potable, les acteurs du secteur Eau, Hygiène et Assainissement ont maintenu leur mobilisation et efforts autour du comité de lutte contre le cholera et de l’UNICEF.
Les membres du comité de lutte contre le cholera ont en effet multiplié des rencontres et descentes sur le terrain et à Kalemie pour tenter de mieux comprendre les causes de cette flambée. Au-delà des activités de sensibilisation, de chloration et d’approvisionnement en eau potable, le comité de lutte contre le cholera envisage d’intensifier la lutte en augmentant le nombre de sites de chloration. De même, il envisage de mettre en place un
système de water trucking avec l’appui de la MONUC, l’UNICEF et d’autres partenaires. Ce système permettra d’approvisionner en eau potable les zones les plus éloignées et les plus touchées par l’épidémie.
Par ailleurs, le sous cluster EHA de Kalemie a bénéficié d’un appui technique de la section UNICEF Wash Zone Sud Lubumbashi. Cet appui s’inscrit dans le cadre de la réponse d’urgence contre le cholera (possibilité d’accès a l’eau potable des quartiers éloignés). De plus, l’UNICEF a livrée a la Croix Rouge Nationale 20.000 sachets de purification d’eau « PUR » (soit 84 cartons) pour la réponse d’urgence aux aires de santé éloignés des sites de chloration d’eau ayant notifiées des cas de cholera à la semaine 32.
Par ailleurs, le CICR a appuyé la REGIDESO Kalemie en poursuivant les préparatifs pour la réfection de l’usine de la REGIDESO, notamment le regroupement de matériel nécessaire pour le montage de 6 pompes de grande capacité.
Besoins non couverts
- La REGIDESO Kalemie risque d’interrompre incessamment la fourniture en eau potable car le stock de carburant fourni par le Gouvernement provincial est presque terminé. Elle en appelle donc a l’appui urgent des autres partenaires si le gouvernement ne l’approvisionne pas de nouveau.
- Le centre ville du territoire reste dépourvu d’eau potable alors que la station de la REGIDESO de Kalemie de la demeure non fonctionnelle. L’accès á l’eau potable reste donc un besoin pressant pour la population de cette ville, contrainte de recourir à l’eau du fleuve.
Contacts:
Ansoumane Kourouma, Chef de Bureau, OCHA Province du Katanga, kouroumaa@un.org, tél. +243-819889200,
Jens Laerke, Chargé de l’information Publique et du Plaidoyer ai, laerke@un.org, tél. +243-99 590 13 32
Le choléra est une toxi-infection entérique épidémique contagieuse due au Vibrio cholerae, ou bacille virgule, découverte par Filippo Pacini en1854 et redécouvert en 1883 par Robert Koch (Koch découvre aussi la bactérie responsable de la tuberculose qui porte son nom, « le bacille de Koch »).
Le choléra est une infection intestinale aiguë due à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae. Autrementi dit, la contamination est orale, d’origine fécale, par l’eau de boisson ou des aliments souillés.
La durée d'incubation est courte, de moins d'un jour à cinq jours. Le bacille produit une entérotoxine qui provoque une diarrhée abondante, indolore pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet si le traitement n'est pas administré rapidement. La plupart des patients présentent aussi des vomissements.
La plupart des sujets infectés par V. cholerae ne présentent aucun symptôme bien que le bacille puisse être présent dans leurs selles pendant 7 à 14 jours. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement d'autres types de diarrhées aiguës. Moins de 20 % des malades développent le choléra typique avec des signes de déshydratation modérée à sévère.
A l'échelle mondiale, le choléra reste toujours une menace et il est l'un des principaux indicateurs du développement social. Si cette maladie n'est plus une menace dans les pays appliquant des règles minimales d'hygiène, elle représente toujours un défi dans les pays qui ne peuvent garantir l'accès à de l'eau de boisson saine et à des conditions d'assainissement suffisantes. Presque tous les pays en développement doivent faire face à des flambées épidémiques de choléra ou à la menace d'épidémies.
Pendant des siècles, la maladie reste inconnue en l'Europe, se propageant surtout en Asie et en Afrique. La première mention de cette maladie en Europe est faite en 1503 par un officier portugais revenant des Indes, racontant une maladie y ayant fait 20 000 morts. Elle apparut par la suite en Europe et fut l'objet d'une foule d'interprétations et de théories de la part des medecins. C'est lors de l'épidemie de1854, à Londres, que la compréhension de la maladie connait une avancée majeure. On se rendit compte que la maladie frappait à proximité de certains puits, suggérant une contamination par l'eau. Mais cette hypothèse ne fut pas immédiatement admise à l'époque.
En 1854 Soho, un quartier défavorisé de Londres, fut mortellement frappé par le choléra. Les médecins sont déconcertés, comment ce quartier, et ce quartier seul, avait-il bien pu être frappé par l'une des plus meurtrières et inconnues maladies de l'époque ? Les spéculations allaient bon train et les gens continuaient de mourir.
John Snow, médecin britanique, s'intéressa à l'épidémie du quartier de Soho. Il était sûr que le choléra n'avait rien d'une maladie pulmonaire, pour la simple et bonne raison que les premiers symptômes de la maladie sont des malaises gastriques. Le « poison » devait donc nécessairement être avalé. Les gens souffraient par la suite de vomissement et de diarrhée, avant de se terminer par des spasmes et des crampes. Il fut donc convaincu que les victimes devaient avoir ingéré le virus en même temps que leurs repas. Dans un quartier aussi sale que l'était Soho, il prit en considération que les latrines nauséabondes qui abondaient auraient pu contaminer le système local d'eau.
Mais un fait restait inexplicable, pourquoi la maladie ne frappait-elle que ce quartier ? Le quartier était dégoûtant, mais il n'était pas unique en son genre. En observant l'épidémie, il remarqua que le choléra n'avait dévasté qu'une zone bien délimitée du quartier. Au centre de cette zone se trouve Broad Street et sa vielle pompe qui fournit l'eau potable à toute la communauté.
Ce puit jouissait d'une exellente réputation et se trouvait à être l'eau la plus pure des environs. Snow remarqua que la mort ne s'était répandue que sur une certaine distance: « Les morts décroissaient en nombre ou s'arrêtaient entièrement à chaque endroit où il devenait décidément plus pratique d'aller à une autre pompe que celle de Broad Street. ». C'est le 7 septembre que, suite aux observations de Snow, la pompe fut mise hors service. Le 11 du même mois, l'épidémie disparaissait pratiquement. Malgré l'évidence, les autorités médicales ne voulurent pas croire que les latrines pouvaient être à l'origine de la contamination. Même si un fervent partisan du docteur Snow, le pasteur Whitehead, découvrit que certaines de celle-ci fuyaient réellement dans le puit qui alimentait la pompe, ce n'est qu'en 1866, alors que le choléra frappa à nouveau Londres, que la thérorie de Snow fut acceptée, quelques années après sa mort.
Vibrio cholerae a été pour la première fois isolé comme le responsable du choléra par l'anatomiste italien Filippo Pacini en 1854. Mais sa découverte sera ignorée à cause de la prédominence de la théorie du miasme (émanation malsaine et malodorante qui provient de substances en décomposition), imputant la responsabilité du choléra (et d'autres maladies dont on ne connaissait pas l'origine) à une mauvaise qualité de l'air. Trente ans plus tard, Robert Koch, qui n'est pas au courant des résultats de Pacini, publie le résultat de ses travaux et les moyens de combattre le Vibrio cholerae avec un beaucoup plus grand succès dans l'opinion.
En 1965, la bactérie est renommée en Vibrio cholerae (Pacini, 1854) en hommage à Filippo Pacini.