Guy Boreux, le représentant de l’ambassadeur de Belgique en RDC a insisté sur la responsabilité des Associations des Usagers des Réseaux d’Eau Potable ou ASUREP pour la maintenance et la pérennité de l’investissement.
Suivant les données de la Banque mondiale de 2009, la RDCongo fait partie des pays avec le taux d’approvisionnement en eau potable le plus faible au monde. Moins de 25% des 66 millions de congolais ont accès à l’eau potable !
Cette situation se vit aussi dans la province du Sud-Kivu. La REGIDESO, le principal distributeur en eau potable dans le pays n’est pas en mesure de servir la population faute des moyens conséquents suite au manque de volonté politique pour y remédier.
Pour survivre, les femmes et les filles n’ont pas d’autre choix que de faire des longs trajets plus de deux fois par jour à la recherche d’une eau potable.
Il est à noter que les mentalités isues de la tradition sont à changer : pourquoi uniquement les femmes et les filles pour ces corvées quotidiennes ? Malheureusement la Marche Mondiale des Femmes 2010 qui s'est déroulée à Bukavu, ne s’est pas beaucoup focalisée sur ces violences !
Le financement du programme AEPA en RDC est assuré par la Belgique, la Commission Européenne, le DFID Departement For International Development (Grande Bretagne) et l’Agence Française de Développement. Le budget est de 28.400.000 euros pour une période allant de 2007 à 2012. (Fiche projet sur le site CTB)
Il a été octroyé à la province du Sud Kivu, 2.584.941 euros ce qui représente en gros 10% du budget national.
Pour le Sud Kivu, il est prévu 10 réseaux d’eau potable, huit captages de sources, 79 km de conduites posées, 12 blocs de latrines, dix locaux d’exploitation pour les ASUREP.
Quatre réseaux sont installés sur l’ile d’Idjwi et six autres dans les territoires de Kabare et Walungu, inaugurés, ce 13 avril 2011.
Le projet travaille sur la structuration et la formation des bénéficiaires organisés en association (ASUREP) pour garantir la continuité du service de l’eau.
Les délégués des ASUREP sont élus par les habitants du quartier lors d'une assemblée générale. La CTB et ses partenaires sensibilisent les populations et forment les ASUREP qui sont accompagnées dans leur travail par la CTB et ses partenaires.
La population contribue aux charges de fonctionnement du bureau de ASUREP et les charges fixes d’entretien, de maintenance par le paiement du service de l’eau qui se fait à la prise de l’eau et au volume.
Par exemple à Kabare, une personne paiera 50 francs congolais pour 25 et 30 litres d’eau.
Il revient donc à la population bénéficiaire de gérer ces ouvrages d’adduction d’eau potable en bon père de famille pour qu’ils soient profitables à tous, dans la durée.
Eliane POLEPOLE