Tout ceci est le résultat du défaut de gestion et de financement public et privé, d’une absence de projet d'aménagement du territoire et de société pour créer un complexe aéroportuaire moderne répondant aux critères de développement durable, digne de la région des Grands Lacs.
Les conséquences de cet état de délabrement sont l’insécurité au sol comme en vol (proximité des montagnes, impossibilité des vols en conditions météo difficile), les tracasseries administratives incohérentes qui font fuir les investisseurs.
La réhabilitation de l’aéroport de Kavumu ne doit pas se concevoir comme une fin en soi, mais comme une partie intégrante du développement de la province.
La région est riche en potentiel économique, culturel, touristique et agricole.
A l’initiative d’une « union sacrée » entre le gouvernement provincial, la fédération des entreprises du Congo section Sud-Kivu - FEC et la régie des voies aériennes - RVA, des assisses se sont tenues le mardi 26 janvier 2010 au centre Amani en vue de faire le point sur l’aménagement de l'aéroport.
Mr Jean Assice, administrateur délégué de la RVA, a souligné que l’importance socio économique de l’aéroport de Kavumu se résume en l’amélioration de l’exploitation commerciale rentable, la création d’emplois directs et indirects, la diminution du coût du billet d’avion et l’accroissement du trafic aérien.
Selon lui, le plan stratégique de la RVA prévoit le développement des infrastructures aéroportuaires comme : la construction d’une tour de contrôle normalisée, la dotation d’un service anti-incendie réglementaire, l’aménagement de la clôture de l’aéroport, la formation du personnel, l’installation d’une station satellitaire VSAT en vue d’améliorer les communications, etc.
La RVA souhaite donner la priorité aux travaux de réfection de la piste estimés à 5,4 millions de dollars, à la construction de l’aérogare (3,5 millions $), au terrassement (8 à 13 millions $), à l’extension de la piste d'au moins 1.000 mètres et, la couverture de la source qui se situe au nord.
Le président de la FEC, Mr Mudekereza Namegabe a insisté sur le fait que la réhabilitation de l’aéroport de Kavumu ne sera possible qu’à la condition de l’union de tous, tout en promettant de présenter le plan d’intervention de la FEC. Il est également revenu sur l’importance économique capitale de cet aéroport.
De son côté, le gouverneur de province, Louis Léonce Muderwa a invité toute la population du Sud-Kivu à s’approprier ce projet car, dit-il, « l’avenir de la province en dépend ! ». À cette occasion, il a lancé l’opération de souscription « Muchango » (cotisation ou participation en swahili) pour l’aménagement de l’aéroport, c'est-à-dire la contribution volontaire de tout citoyen soucieux de la modernisation de l’aéroport de Kavumu. Cependant, il reste encore à garantir que ces fonds seront bien utilisés et à établir un mécanisme de contrôle à cet effet. un comité de suivi devra être mis en place...
Toutes les parties conviennent que les fonds levés pour le projet doivent être gérés de manière transparente selon les principes de la bonne gouvernance.
La tripartite sera assistée tout au long du processus par l’autorité coutumière de Kabare, le mwami Désiré Kabare et la société civile du Sud-Kivu représentée par son président Cyprien Birhinginwa.
Les assises se sont clôturées le mercredi 27 janvier par la visite des concessions aéroportuaires de Kavumu et la signature du protocole d’accord entre les trois parties prenantes du projet à l’aéroport même, devant la presse locale et des personnalités de la province.
En ce qui concerne les échéances, les premiers objectifs (extension de la piste, tour de contrôle opérationnelle, personnel RVA en place, négociations avec les compagnies aériennes nationales et régionales) devraient être atteints pour début 2011, mais est-ce réaliste ?
Chacun souhaite que cette année 2010 du cinquantenaire du pays soit celle du grand changement et de l’amélioration du climat des affaires au pays.
Les précédents projets entamés dans cette saga n’ont été que partiellement réalisés ou, ont tout simplement avortés.
Il est temps que les autorités qui ont signé l’accord actuel sur la réhabilitation de l’aéroport se responsabilisent et mènent le projet à bien.
Il est à noter que cette dernière tentative est une initiative des contribuables afin de répondre aux besoins réels de la province. Peut on espérer alors que l’aéroport sera enfin réhabilité et modernisé ?