Ce ravitaillement mensuel de bétail sur pied se faisait par trek, c’est à dire par cheptel ou troupeau : Le bétail était conduit à pieds du lieu-dit « Pepa » à Lubumbashi ; le voyage durait un mois sans problème.
Plus ou moins 500 têtes par mois soit 5 à 6.000 par an étaient livrées. Les bêtes âgées de 4 ans, et d’un poids moyen de 450 et 550 kg donnaient au moins 50% de rendement à l’abattage à l’arrivée en viande de boucherie.
En vue d’améliorer les races pré-existantes Afrikander, Graman et autres, la société a importé de France en 1982 par avion, des taureaux Limousins de 4 ans et pesant en moyenne 650 à 793 kg. Donnant lieu à des veaux mâles de 200 kg au sevrage.
En 1985, pour le croisement avec les femelles Limousines, la société a importé des Taurillons Boran d’origine Kenyane en provenance de la Zambie. Elle a également importé des Brahmans de R.S.A. et récemment elle a importé de l’Afrique du Sud, les Bonsmara.
Les vaches servaient à la production du lait et à la transformation de lait en beurre.
En plus des bovins, la société avait des moutons, des chevaux et des ânes.
La société est structurée en 10 sections ou postes.
Pepa central comprenait un bâtiment administratif bien équipé, un garage équipé de dispositifs nécessaire pour les véhicules, moulins, pompes à eau, groupes électrogènes, soudure, menuiserie, antenne parabolique, atelier de couture, une laiterie avec transformation de lait en beurre, un abattoir équipé, des magasins cantines, dépôts de médicaments humains et vétérinaires, produits vivriers et sels minéraux pour bétail, un hôpital avec 2 pavillons Homme-Femme, une maternité en cours de construction, 2 bâtiments, cuisines, salle d’opération en projet (Les soins étaient gratuits tant pour le personnel ELGYMA que pour la population), deux écoles primaires et une secondaire, une grande salle de réception et une salle de phonie, des maisons d’habitation bien équipées pour cadres, maîtres et Guest-house, des camps pour les travailleurs et enseignants, une piste d’atterrissage d’avion de 2 km de long en terre battue avec un hangar et située à 4 km du poste central (L’avion petit-porteur Cesla de la société est basé à Lubumbashi).
9 Postes ou sections d’élevage qui sont : Pepa élevage, Mututu, Luhonde, Kieruzi, Mwela, Milima, Mulunguzi, Niembe, Kamipini.
Chaque section comprenait des structures autonomes de fonctionnement - bâtiment administratif, habitations, dispensaires (humains et vétérinaire), dépôt, cantines, menuiserie, école primaire, des dipping-tanks, qui est une sorte de grande baignoire adaptée au bétail, avec du produit contre les parasites, des kraals pour la nuit, sorte d’enclos fermé par des fils barbelés.
Chaque section veille à l’entretien du pâturage du bétail et au maintien des limites de la société. Elle rend compte de ses activités à la direction des Elevages.
Toute la superficie de la société est reliée par des routes privées entretenues régulièrement par la société. Pepa étant passage obligé de Moba vers Pweto et vers la frontière Zambienne, les passants bénéficient de ces routes en plus des services de la société pour le garage, soins médicaux et logement.
La société aujourd’hui…
Depuis la deuxième guerre qui éclate le 02 août 1998, la société a subi des dommages importants ruinant tous les investissements et surtout les personnes y travaillant…
En novembre 1998. L’armée gouvernementale FAC établit sa base à Pepa.
Le 02 mars 1999, Pepa tombe aux mains de la rébellion RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) et le personnel de la société prend la fuite.
Le 07 avril 1999, un grand nombre du personnel rentre à Pepa et s’organise pour le travail sous la contrainte du RCD, des braconniers, etc. Il y a eu beaucoup d’abattage et de bétail emporté par les belligérants. La société subit des pressions et n’est pas maîtresse de la gestion.
Le 19 octobre 2000, l’armée gouvernementale, FAC reprend Pepa et le personnel de la société reprend le travail.
Le 08 novembre 2000, la rébellion reprend Pepa à nouveau. Fin décembre 2000, le personnel rentre et constate la disparition d’un grand nombre de bétail.
En 2001, les autorités reprennent conscience du caractère privé de la société ! Le personnel de la société reprend la gestion, toutefois la réquisition et les vols de bétail continuent.
En juin, la Monuc s’installe à Pepa, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) s’occupe de l’hôpital. En octobre 2001, l’organisation non gouvernementale Action contre la faim (ONG ACF) remplace le CICR.
En 2002, la situation se stabilise un peu, le personnel a de plus en plus la gestion en mains en dépit de réquisitions et des vols effectués par les groupes armés.
Pepa fait partie de la zone de démilitarisation selon les accords entre belligérants.
Le 15 avril 2003, la Monuc quitte Pepa sous contrainte de groupes armés. Le 20 mai 2003, la RCD décide de conduire le reste de bétail, environ 1.500 têtes avec le personnel d’ELGYMA à Kasenga situé à 65 km de Pepa pour la sécurité du bétail sous RCD ; d’autres décident de rester pour garder Pepa.
Avant la guerre, la société comptait 12.000 travailleurs !
Le salaire des travailleurs de l’époque, ni le chiffre d’affaire, le taux d’investissement lié aux bénéfices n’ont pas été communiqués.
Après la guerre, le nombre a diminué : cette décroissance est due principalement à la mise en congé technique à cause de la décroissance de l’effectif bétail. Malgré tout, le personnel est resté en contact permanent avec la hiérarchie de la société à laquelle il faisait rapport et recevait instructions. Aujourd’hui, en 2011, vingt personnes seulement sont occupées à la maintenance de la société.
Après la guerre, la société est restée avec 160 têtes de bovins. Ce nombre a évolué à 300 et, avec 100 têtes importées d’Afrique du Sud ; le nombre arrive à 400 têtes.
Toutes les sections ont été bombardées, pillées et saccagées parfois à 100%. Les bâtiments administratifs, les habitations, les écoles ont été pillées systématiquement et détruites par les bombardements aériens ou le feu : Equipement de l’abattoir, produits vivriers et cantines, tous les produits pharmaceutiques, l’hôpital Pepa Central, du Guest-House, la menuiserie, le garage, les ateliers de coutures, etc.
Difficultés
Le problème est que sans activités, les terrains sont occupés illégalement par les paysans qui les cultivent pour survivre. Les routes ne sont plus entretenues, certaines sont hors d’usage.
Sans bétail, la concession d’élevage est investie par les villageois avec les difficultés de les déloger plus tard. Le pâturage pousse très haut, cela demandera beaucoup de frais pour la remise en valeur.
Il y a eu un fort déboisement anarchique pour fournir du bois de chauffage.
La Société effectue du reboisement d’eucalyptus et de cyprès.