Le lac...
Quelqu'un a dit de ce lac, que les poissons y mourraient de vieillesse...
Ce n'est plus tout à fait vrai, ils y meurent aujourd'hui, de pollution de toutes natures, pollution de l'eau, sédimentation des berges, surpêches et non respect de la vie du poisson et de l'eau...
C'est l'un des grands lacs d'Afrique, deuxième lac africain par la surface après le lac Victoria, le deuxième au monde par le volume et la profondeur après le lac Baïkal.

L'eau y était clair, lympide... une faune étonnante s'y développait.
Ses eaux rejoignent le bassin du Congo puis l'océan Atlantique. On estime que sa formation remonte à environ 20 millions d'années.
Richard Francis Burton et John Hanning Speke furent les premiers Européens à découvrir le lac en 1858 et décidèrent de conserver son nom d'origine, Tanganyika, contrairement à l'usage en vigueur à l'époque.
Les 4 pays riverains du lac sont pour la partie Nord Est, le Burundi, la RD du Congo sur toute la partie Ouest, au Sud, la Zambie, et environ 300 miles de la côte Est sont Tanzaniennes.
En ligne droite, il se situe à 1.000 kilomètres de l'océan Indien et de 1.900 kilomètres de l'Atlantique.
A l'Ouest et au Nord-Est, ses rives sont formées de hautes murailles rocheuses souvent à pic et de monts imposants de la chaîne des monts Mitumba côté RDCongo, dont les sommets dépassent parfois 3.000m...
Du point de vue touristique, si le Tanganyika ne possède pas le charme du lac Kivu, il a cependant des rives très pittoresques.
Les routes d'Uvira à Baraka et de Bujumbura à Nyanza-Lac sont agréables par les points de vue qu'elles offrent et les sites qu'elles traversent.
Les petits poissons "Ndakala" genre de sardine qui, frits sont délicieux, font l'objet, salés et séchés, d'un important commerce.

Aujourd'hui, le lac se meurt, de plus en plus pollué et exploité en dépit du bon sens...
Les enjeux sont importants.
Existe-t-il une politique globale et cohérente entre les 4 pays pour un développement durable de la région ?
Une volonté politique concertée ?
Rien n'est moins sûr... et pourtant il y a urgence.

Depuis des siècles, on vit avec et par le lac.
On y pêche, on s’y lave comme on y lave le linge et la vaisselle et les légumes, parfois le lac sert de latrine... Il n'existe pas de centrale d'épuration des eaux usées de la ville, et nombreux sont ceux qui boivent l’eau du Tanganyika. Or cette eau est régulièrement polluée par le vibrion du choléra.
Aujourd'hui, le choléra est une maladie endémique à Kalemie. La REGIDESO est en difficulté d'alimenter le réseau en eau propre, du fait de la vétusté de ses installations et des coupures d'électricité. Voir reportage sur le barrage de Bendera
Chaque année des cas sont dénoncés et sont de plus en plus nombreux, en particulier en période de pluie.