La pollution par sédiments. Le défrichement des forêts riveraines pour la construction, la mise en culture, la fourniture de combustible facilitent l'érosion et l'écoulement de boues d'ailleurs souvent polluées si elles traversent les zones urbaines, industrielles ou des cultures intensives.


Ces boues détruisent le milieu de vie des poissons, en laissant place à une zone fortement polluée par des matières en suspension.

L’augmentation de la sédimentation
a un effet négatif sur la
biodiversité en altérant les habitats
(notamment le changement des substrats
rocheux en substrats mixtes ou sablonneux)
et en interrompant la production primaire et
les trames alimentaires, causant par-là une réduction de la diversité des espèces.
La plus grande partie
de la déposition des sédiments se passe dans
la zone littorale (200m environ), précisément là où la plus
grande biodiversité du lac est concentrée.
Parallèlement, on observe une eutrophisation des eaux : les apports de matière organique nutritive ont provoqué la chute des teneurs en oxygène, la prolifération anarchique des plantes flottantes comme la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes), ce qui entrave la navigation.
La réduction de la lumière et de l'oxygène provoque des modifications de la faune et la disparition de certaines espèces.
La pollution de l'eau. Le lac est devenu un dépotoir géant puisque la plupart des villes sont dépourvues d'installation de traitement des eaux usées et des déchets de toutes natures. Il n'existe pas de politique d'assainissement commune aux pays concernés.
Les eaux de pluie entraînent toutes les pollutions produites par l'habitant, les industries, les mines, les cultures...
Cela pose déjà un énorme problème :
Pour la qualité de l'eau en général,
Pour la population qui puise l'eau directement dans le lac, se lave dans le lac (maladies, maladies de la peau et autres),
Pour les rares stations de pompage qui doivent prendre en compte ces nouvelles pollutions,
Pour la qualité alimentaire des poissons, et donc pour la sécurité alimentaire des consommateurs puisque les polluants peuvent se retrouver à différents niveaux de concentration de la chaine alimentaire,
Et pour enfin, la conservation des ressources halieutiques et la réduction de l’extinction des espèces.
Il n'existe pas de centre de traitement des déchets qui pourraient alimenter un nouveau circuit économique s'il y avait seulement une politique de valorisation des déchets...
Il faudrait élaborer un plan d'aménagement du territoire ambitieux, novateur, et le faire appliquer...
Le lac et le choléra. Depuis des siècles, on vit avec et par le lac.
On y pêche, on s’y lave comme on y lave le linge et la vaisselle et les légumes, parfois le lac sert de latrine... Il n'existe pas de centrale d'épuration des eaux usées de la ville, et nombreux sont ceux qui boivent l’eau du Tanganyika. Or cette eau est régulièrement polluée par le vibrion du choléra.
Aujourd'hui, le choléra est une maladie endémique à Kalemie. C'est une des maladie de la pauvreté et du manque d'hygiène.
La REGIDESO est en difficulté d'alimenter le réseau en eau propre, du fait de la vétusté de ses installations et des coupures d'électricité. Voir reportage sur le barrage de Bendera
Chaque année des cas sont dénoncés et sont de plus en plus nombreux, en particulier en période de pluie.
Une des techniques simples pour traiter l'eau serait de la laisser au soleil pendant 6 heures. A partir de 45°C, les vibryons sont détruits... Voir le système SODIS - une bouteille plastique au soleil !
L'autre serait d'installer des systèmes de filtrage...
Faire bouillir l'eau coûte et contribue à la déforestation.
Malgré des campagnes de sensibilisation sur l'origine de la maladie, l'accusation de sorcellerie et son corrolaire, le meurtre de personnes agées trouvées au bord du lac, victimes de l'ignorance, sont des pratiques encore courantes dans la région...