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L'érosion de Kalemie
Il est curieux de parler ici de l'érosion des mentalités et de la responsabilité de l'autorité, mais tout ceci est bien le résultat concret d'une autorité « fantôme ».
Les autorités et services de l'Etat sont inopérants, en difficulté de faire respecter des rêgles pourtant essentielles pour l'avenir économique, social et environnemental de la région et du lac... autrement dit, pour le développement durable.
Une autorité « fantôme » en mal d'assumer son passé. Une administration qui ne vit que pour faire survivre son personnel, un squelette sans finalité, devenu sans le savoir, une formidable organisation étatique mafieuse...
Un nombre incroyable de projets, tous très intéressants, a été inventés depuis plus de 10 ans par des structures internationales et les autorités congolaises, toutes sensées apporter compétences, expertises et surtout ce que finalement la population attend, réaliser ce qui est projeté.
La liste des grandes conférences et autres ateliers de qualité hautement intellectuelle est impressionnante. FAO, PNUD, et en 2010, c'est au tour de la BAD avec le projet PRODAP...
Se poser la question de savoir pourquoi la situation est relativement mieux gérée dans les autres pays concernés, c'est mettre en cause la volonté réelle des autorités congolaises, de la société et des intervenants internationnaux à résoudre ce problème. Si ailleurs, ils savent faire, pourquoi n'en serions-nous pas capables en RDC ?
Le Congo est riche de ses habitants et de sa nature, ce n'est donc pas un problème d'argent.
Un exemple tout simple : alors qu'à grande pompe de discours, le projet PRODAP vient d'être lancé, sur les collines, des habitations se construisent toujours sans qu'il y ait une quelconque intervention de ceux-là mêmes qui dénoncent l'anarchie de la fonction publique, qu'ils soient des autorités, de la société civile, des voisins, des responsables de programme !
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PRODAP - Projet d'appui au programme régional d'aménagement intégré du lac Tanganyika (PRODAP-RDC)
Selon le Dr. Manara, coordonnateur du PRODAP, le lac Tanganyika est désormais menacé dans son existence même non seulement en tant que plan d'eau, mais aussi et surtout dans ses principaux rôles.
Avant de noter : « Jadis nourricière, la mère Tanganyika, assure de moins en moins, la survie de ceux qui en dépendent. La pêche miraculeuse, du temps des pêcheurs grecs, n'est plus aujourd'hui qu'un souvenir lointain.
Depuis quelques décennies déjà, le lac Tanganyika, est enserré dans un étau, dont les deux mâchoires sont l'homme, par son ignorance et son irresponsabilité, et la nature, par ses aberrations et ses caprices ».
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Parlant de la responsabilité de l'homme dans la gestion du lac Tanganyika, le coordonnateur a indiqué que la terre grattée de manière intempestive sur les flancs des montagnes, finit un jour, sa course dans le lac, aggravant au passage, le double phénomène de l'érosion et de la sédimentation dont on mesure les implications dans la dégradation des substrats du Tanganyika.
Dans le même registre, il a déclaré : « La tradition locale, consistant à transformer les mikebuka, par le fumage, conjuguée avec l'absence, d'une gestion rationnelle du couvert forestier, aboutit, chaque année, à faire partir en fumée, des dizaines de milliers de stères, de bois de chauffe ».
Avant de faire remarquer que dans les eaux du lac Tanganyika, « la pêche nocive se décline, en termes de destruction des frayères, de l'usage des pagnes et de la toile moustiquaire pour capturer le Kahuzu ou Mugara, ces alevins dont un kg, qui échappe au massacre précoce, équivaut à une tonne de Ndakala adultes ».
Lire la suite de l'article assez complet sur Allfrica.com...
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De l'urgence
Une administration digne de ce nom
5 ans après les élections, l'administration publique n'a toujours pas les moyens de sa fonction : il n'existe aujourd'hui à Kalemie encore aucun exemple de réhabilitation ou construction de bâtiments adaptés à leur mission, d'investissements humain - formation aux nouveaux enjeux du développement durable, en matériels en tous genres, et, en soutien des autorités renforcant sa légitimité... Dans le contexte actuel de la RDC, tout est fait pour penser à une intention pour que rien ne change.
Certaines informations laissent entrevoir enfin des actions de renforcement de l'administration, il est temps... Encore faut-il qu'il y ait cohérence et intégration des différents projets et les moyens de payer correctement le personnel, un préalable essentiel mais ce qui n'est pas prévu à court terme, et, encore faut-il lui permettre de développer les compétences et d'avoir les moyens matériels de travailler...
La cohérence : un plan global d'aménagement du territoire, urbanisation et zone verte
Du fait de sa deliquescence et incapacité, comme pour d'autres secteurs d'activité, l'Etat n'a pas de plan global d'aménagement du territoire, d'urbanisation à présenter...
District, Division du plan, FAO, PNUD, BAD, CTB, etc. développent chacun leur projet de leur côté malgré une apparente bonne entente. Si c'était le cas, sur le terrain, il y aurait déjà depuis longtemps à Kalemie, ne fut-ce qu'un embryon de structure installée pour, par exemple, soutenir le cadastre qui aujourd'hui encore, se permet de distribuer - soudoyer des terrains qui devront être plus tard expropriés... Il n'est pas encore dit comment l'administration et son personnel sera inclus dans le processus de développement des projets.
Un exemple. 2010. La division du Plan avait lancé l'idée de recourir à une sorte d'impôt volontaire des habitants de Kalemie, 100 francs congolais / mois pendant 6 mois soit une somme totale de plus de 700.000 dollars, ce qui est finalement peu par personne, pour déplacer tous les habitants des collines à problème en termes de construction anarchique et à la place desquelles il serait prévu un reboisement. Quelle est la concertation avec PRODAP, l'autorité et d'autres projets d'aménagement ? En attendant, des nouvelles constructions sont en cours de réalisation au vu de tout le monde !
Qu'en est il des quartiers, de la vieille ville ?
Quelles sont les études d'impact économiques et environnementales autour du développement de l'aéroport, de la plage, de la gare et du port, des routes nationales en réhabilitation Kalemie - Uvira (Financement UE, réalisation Office des routes) et de Kalemie - Moba, sans parler de l'avenir agricole et minier de l'intérieur ?
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Pour ne parler que de la question de l'aménagement du territoire, car la gestion politique de la santé est un autre problème hallucinant de gachis d'énergie où tout le monde peut faire à la fois des actions humanitaires et du n'importe quoi...
A la va - vite
Faute de penser sur le long terme, il n'existe aucune vision globale tenant compte de toutes les connaissances du Monde sur le développement où la personne quelle que soit sa condition, est au centre, VIP absolue. en tous cas la population n'en a pas connaissance, à voir les réactions faite lors de l'exposition photos, Kalemie d'avant 1964.
Un exemple. 2010. La route longeant le lac, de l'aéroport au district est actuellement refaite par Safricas, bien, il est temps, mais seulement refaite. Y a t il un plan sur le long terme qui permettrait de voir comment organiser les flux différents de mobilité, piétons, deux roues, voitures, camions, bus et... train ?
Est il prévu de tirer profit des splendides arbres et de la large promenade ombragée qui se trouvent près de Mandeleo, des cocotiers à replanter, etc ?
Et pourquoi pas un tram sur ces 14 Km ? Toutes les villes conscientes des erreurs passées en termes de mobilité, réinvestissent dans ce mode de déplacement.
Kalemie va-t-elle éviter ce qui est arrivé à Bukavu, la disparition des espaces verts, ce qui est arrivé dans pas mal de pays, la disparition de son littoral au profit des riches et de promoteurs immobiliers ?
Parfois des actions simples sont plus efficaces comme déclancheur, mais...
Le CAVKalemie et l'AMIKAL avec tout de même un peu le soutien du District, ont réussi à réhabiliter un terrain vague devenu Place du Cinquantenaire, pour leur Festival de Kalemie, une superbe manifestation qui a demandé pas mal d'énergie.
Immédiatement après, la ville s'est intéressée à conserver l'endroit pour une kermesse et à la suite pour d'autres manifestations nécessitant un lieu convivial.
L'exposition de photos a été une invitation à se rappeler d'où l'on vient, ce qui a été réalisé, et à penser sur ce que pourrait devenir Kalemie dans 2, 5, 10 ans...
L'AMIKAL et le CAVK installe des panneaux rappelant les sites historiques de la ville. L'UNESCO serait intéressée par la route des exclaves.
L'idée est d'interpeller et d'associer les autorités à ce fameux projet de Kalemie aujourd'hui et à venir. Voir reportage Okapi
Le premier chantier de la RDC est le changement des mentalités et la réhabilitation de son administration...
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Un calcul de volume plutôt rudimentaire et sans doute loin de la réalité, permet de se faire une idée sur la quantité de terre qui serait « descendue » dans le lac : pas moins de 48 millions de mètre cube !!!
Calcul : prenons par exemple de manière arbitraire, une surface de 16 Km², avec une moyenne de 1,5 m de hauteur de terre érodée, et un coefficient 2 pour la surface puisque Kalemie est vallonné, soit : 16.000.000m² x 1,5m x coef. 2 = 48.000.000m³...
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Photos prises au quartier 4 coins, au petit matin au moment où le soleil est bas, offrant un spectacle doré...
Photos : Ernest Murisho - CAVKalemie
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Question : Où se déposent toutes les ordures et autres plastiques qu'entraînent les pluies... ?
Une autre « bombe économique et environnementale » à retardement... Qu'en est-il de la gestion des déchets ?
La qualité de l'eau du lac est un problème Voir Kalemie sans eau...
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En conclusion
Les autorités et la société civile des 4 pays concernés ont une énorme responsabilité pour la sauvegarde de cette formidable ressource économique, sociale et environnementale, où il ferait si bon vivre...
L'air, l'eau, la pollution ne s'arrêtent pas aux frontières...
Espérons que PRODAP ne sera pas un nouvel éléphant blanc et souhaitons à ses opérateurs, franc succès.
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PRODAP
Pour réaliser ses objectifs, le PRODAP est articulé autour de quatre composantes :
Le renforcement des capacités institutionnelles,
L'aménagement des pêches et la protection de l'environnement,
Les infrastructures rurales et développement local
La gestion du projet.
Source : Affafrica.com
Voir articles
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090213 - Kalemie - Slow food Atelier sur la gestion des ressources halieutiques du lac Tanganyika
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- Lac Tanganyka - Kalemie, la rivière Lukuga à sec !
Vidéos
KALEMIE, 2009 AMIKAL - 8 containers pour les hôpitaux HGR, 4 pour Kalemie, 4 pour Kindu / Kalima
KALEMIE, 2008 AMIKAL - A la découverte des îles du lac Tanganyika
KALEMIE, 2006. Le port de Kalemie est ensablé
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Pour en savoir plus, cliquez sur...
BAD - Banque Africaine de Développement
Le lac Tanganyika
PNUD - 2008 Strategic Action Programme (SAP) for Lake Tanganyika - Fiche programme
PNUD - 2008 Partnership Interventions for the Implementation of the Strategic Action
Programme (SAP) for Lake Tanganyika - Documentation
FAO - 2003 Rapport de la dixième session du Sous-Comité pour le lac Tanganyika. Lusaka, Zambie, 28-31 octobre 2003.
Le Programme d’Action Stratégique pour la gestion
durable du Lac Tanganyika -
Juillet 2000
Lutte contre la pollution et autres mesures pour
protéger la biodiversité du lac Tanganyika
PNUD - 2001 Projet sur la biodiversité du lac Tanganyika - Résultats et constats
FAO/Norvège - 1999 : Plan cadre d'aménagement des pêcheries du lac Tanganyika, historique, considérations politiques et principaux éléments
PNUD - 2001 : Lutte contre la pollution et autres mesures visant à protéger
la biodiversité du Lac Tanganyika
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