Le but était d’organiser des journées de sensibilisation sur les viols et violences sexuelles, leur conséquence dramatique pour tous. Il fallait interpeller sur l’importance de briser le silence et d’engager un processus de prise en charge des victimes. Une des conséquences du viol est le rejet de la victime par ses proches et la société.
Doublement victime, la personne violée est stigmatisée comme étant la cause du malheur et une honte pour tous. Il faut absolument dénoncer cette fausse fierté et encourager une autre manière de voir, que l’honneur se situe justement à soigner les victimes, d’être solidaire et tenter de reconstruire la vie.
La ville de Minova a été choisie parce que la traque des FDLR au Nord-Kivu par les forces conjointes rwandaise et congolaise avait provoqué un déplacement massif de la population vers le Sud. Et Minova se trouve à la frontière des deux provinces, plus proche de la ville de Goma que de Bukavu (à 165km de Bukavu, soit 5 heures de route au lieu de +-50 km de Goma).
La mission s’est donc effectuée dans le cadre du projet de prévention et réponse aux violences sexuelles appuyé par UNFPA / Antenne du Sud-Kivu.
Les forums organisés par 3TAMIS lors du Festival de Bukavu, grâce aux interventions du bureau des droits de l’homme de la MONUC a bien montré la nécessité de l’éducation à ce niveau. UNFPA avait compris l’intérêt de soutenir une manifestation à large impact.
Depuis un an, 3TAMIS a réalisé plusieurs émissions radio et télévisées avec UNFPA, dans le souci de vouloir créer un cadre de discussion - débats sur le problème des violences sexuelles. Des affiches, des fresques, des dépliants ainsi qu’une série de spots (audio et vidéo) ont été produits dans ce but. Voir Trois médias contre les violences sexuelles
3TAMIS avait été sollicité par CAMPS et UNFPA dans son projet avec CERF/ONU pour organiser deux projection et débats sur les films « Et si cela arrivait à ta propre fille » et les spots vidéo sur le respect de la femme, la prise en charge des victimes et la position des autorités contre les violences sexuelles.
A Kinyezire comme à Minova, les activités se sont déroulées en deux parties.
Trois jours avant le spectacle, les animateurs de CAMPS avaient parcouru avec leurs mégaphones toutes les artères et petits coins de Kinyezire et Minova pour annoncer la pièce de théâtre «Violée c’est une crime odieux» joué par la troupe Mutu ni Mutu (Homme est Homme, en swahili) de Bukavu.
A Kinyezire comme à Minova, déjà à 12 heures, le terrain de football était plein de monde ! Beaucoup dansaient sur la musique proposée par le « DJ » 3TAMIS en attendant le début de la présentation théâtrale vers 14 heures.
A Kinyezire il y avait près de 3.000 personnes et plus ou moins 5.000 à Minova. Les autorités locales, chef de cité, commandant de police et les notables n’ont pas manqué le rendez-vous; leur présence était importante : ils ont une grande part de responsabilité pour garantir le droit au respect de la personne.
Le public au Congo est bon public, très réactif pendant le spectacle : il commente, crie… les applaudissements étaient nourris.
L’espoir est qu’a la suite de ces représentations, théâtre et vidéo et animations, tous étaient convaincus que le viol et toutes les violences quelles que soient, sont inacceptables. C’en est assez !
Et que pour les victimes, femmes, leurs proches, en fait la société tout entière, il est important de connaître le cycle de prise en charge que peut suivre une victime pour se reconstruire et dépasser la souffrance, être solidaire…