Août 2004
Kalemie
est situé au centre du lac
Tanganyka. Une petite ville connue pour son port, sa voie ferrée,
sa piste pour grand porteur, anciennement pour son usine textile de coton...
Le lac a son
déversoir à cet
endroit, le début du fleuve « Lukuga »
Le chemin de fer qui relie Kalemie à Kindu, Kisangani et Lubumbashi est très ancien, il date d'avant la première guerre mondiale. Le directeur de la SNCC nous raconte.
A près de 90 km de Kalemie, se situe la gare de Nyemba. Lors d’une forte pluie en 1997, la rivière Nyemba a détruit le talus de la voie ferrée juste avant le pont et s’est fait un nouveau passage.
Toute une région a été coupée en deux, empêchant les échanges entre l’Est et l’Ouest. Au Congo, le train est le moyen de communication du pauvre, tout le monde ne peut se payer l’avion.
Nous apprendrons que cette rupture de communication aura facilité l’insécurité pendant toute cette période, le viol, le pillage, le vol des commerçants cyclistes, l’appauvrissement de toute une région, la rupture de lien familiaux vu les difficultés d’atteindre, de se replier facilement vers des zones urbaines.
Aujourd'hui, l'espoir renaît à Nyemba, un projet de réhabilitation est en cours. Avec les Belges, ce sera du solide !
L’équipe du CAVK attendait impatiemment l’arrivée des 2 « Wazungu » venus de Belgique.
Nous faisons connaissance avec Olivier et Albert de la société Transurb, une filiale de la SNCB, responsable du projet. Albert découvre l’Afrique pour la première fois. Et nous convenons de les accompagner le lendemain sur la route de Nyemba.
5 heures du matin. La lampe à pétrole empeste la salle où nous nous tenons, secoués mais remarquablement moins que sur d’autres lignes, nous confirme Olivier.
Le projet de réhabilitation par la coopération belge n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Des responsables d’une brasserie sont de la partie. Ils veulent se rendre compte des possibilités qu’offrira la réouverture de la ligne en terme d’économie de temps et de coûts vu les nombreuses ruptures de charge actuelles.
Le responsable de la SNCC est jovial, l’ambiance est bon enfant.
Nous arrivons sur le site. Une vielle gare où l’on retrouve tous nos souvenirs des années 50-60 avec le réservoir à eau, la pompe à vapeur, les vielles rames de wagons... Les derniers mètres avant le pont sont parcourus au pas, le train a du mal et il est nécessaire de « sabler le rail » afin que les roues ne patinent pas.
Les deux techniciens découvrent l’ampleur du désastre dont ils n’avaient que quelques photos au moment de la rupture. Ils se mettent rapidement au travail : effectuer le relevé topographique qui permettra aux dessinateurs d’établir le plan pour la mise en œuvre du projet.
Nous en profitons pour faire nos interviews et prendre des images. Des personnes expriment parfois excitées à l’extrême leur grande joie de voir le pont refait. Enfin si tout fonctionne bien ce sera pour la saison sèche suivante soit en juillet août 2005.
De manière improvisée, Olivier, l’ingénieur, nous remontre sur carte ce qu’il compte proposer comme solution à la réhabilitation.
Au retour nous serons acclamés comme des stars à la descente du train !
Le lendemain, une ONG locale nous montre des photos : nous aurions marché sans le savoir sur un terrain rempli de mines !
15 jours plus tard, un spécialiste constatait qu'à cet
endroit, il n'y avait aucun danger !