RETOUR HOME page d'accueil
3TAMIS

Comité Anti Bwaki
7ème journée champêtre

Janvier 2011

La sécurité alimentaire au Sud-Kivu
Une préoccupation du Comité Anti-Bwaki

La sécurité alimentaire, de la gestion rationnelle des ressources naturelles dans la paix et le développement 

Pour la 7ième édition des Journées Champêtres organisées par le Comité Anti-Bwaki, le Collège Saint Mathieu de Mugogo s’est transformé en un immense site de foire agricole. Agriculteurs, animaux et visiteurs ont rythmé les trois jours de fête du 5 au 7 janvier 2012 à environ 29 kilomètres de Bukavu, en territoire de Walungu. Ils étaient venus nombreux, fiers d’exposer leurs productions.

 

Depuis 2003, le Comité Anti-Bwaki (CAB) organise tous les deux ans les journées champêtres, en collaboration avec ses partenaires, les organisations de développement et les communautés locales.

Le comité Anti-Bwaki est une organisation non confessionnelle et pluraliste.

Sa mission c’est de « contribuer à la lutte contre le kwashiorkor, sa prévention et de participer à toute action en faveur de l’enfance ». Cette mission a évolué, en s’adaptant ai contexte socio-économique dans lequel évolue l’enfance. Le CAB vise l’amélioration des conditions de vie des populations dans les villages par :

> Le soutien à la production agro pastorale et la promotion de la sécurité alimentaire ;
> La mise en place des infrastructures de base dans les villages et agglomérations rurales et périurbaines (eau potable, amélioration de l’habitat, routes locales) ;
> L’accroissement du revenu des ménages, par l’appui aux initiatives génératrices des revenu, par la promotion de l’entreprenariat local te la création de l’emploi dans les villages ;
> La formation générale et technique en faveur des leaders paysans, les dirigeants des organisations ;
> L’éducation à l’environnement, la promotion des initiatives de protection de l’environnement et de gestion rationnelle des ressources naturelles, l’éducation à l’hygiène dans les ménages et à la salubrité publique dans les villages.

Le rayon d’action du CAB est principalement la région montagneuse du Sud-Kivu, avec les territoires de Kabare, Walungu, Idjwi, Mwenga, ainsi que la ville de Bukavu.

Le CAB  a été créé le 14 février 1965, pour lutter contre le « Kwashiorkor » appelé ici Bwaki en langue locale (le mashi), une calamité dans les années 1970.

Cette déficience a été diagnostiquée à partir des années 1958-59 et s’est vite répandue à Bukavu et les territoires environnants, frappant principalement les enfants et les femmes enceintes ou allaitant, avec de nombreuses pertes en vies humaines… Au Kivu, les années 1960-1970 ont été marquées par des troubles d’après indépendance (rébellion muleliste, déplacement des populations, pillages et destruction des infrastructures …) qui ont amplifié une situation sanitaire déjà alarmante et des pénuries de vivres en ville et dans les villages.

C’est ainsi que des personnalités d’horizons diverses (les services publics, les œuvres sociales, les confessions religieuses, hôpitaux et quelques organismes internationaux) se sont mobilisées et ont créé le Comité Anti-Bwaki.

Le thème de cette année était « La sécurité alimentaire, de la gestion rationnelle des ressources naturelles dans la paix et le développement ».

Les journées champêtres sont un cadre d’échange entre les producteurs (agriculteurs, éleveurs, artisans) de Kabare, Kalehe, Walungu et ceux de la périphérie de Bukavu ; Une occasion de présenter les réalisations et les résultats atteints grâce à l’adoption des techniques de production durables vulgarisées par le CAB.

Patient BAGENDA, Responsable du Comité Anti-Bwaki a mis en avant dans son discours, la volonté de changement des citoyens. Il invite les agriculteurs et éleveurs à prendre conscience de l’importance de leur travail pour vaincre la faim et la pauvreté.

En terme d’évolution, il y a eu des innovations sur les pratiques agricoles comme la culture du riz et la production de l’huile de tournesol qui a été exposé et vendu là. Il y a deux ans ça ne se faisait pas.

En plus des pieds / plants de riz, les CD (comité développement) producteurs du riz ont exposé le riz paddy (brut de récolte, revêtu de sa balle (enveloppe non comestible) produit chez eux (riz irrigué et pluvial - Le riz pluvial est le riz qui est cultivé sans être immergé, c'est-à-dire non pas dans une rizière, mais dans un champ). C’est le  cas de Burhale et Nyangezi qui ont produit les variétés IRAT 13 et IRAT 112 diffusé par le CAB.

Le tournesol était visible dans beaucoup de stands, ce qui montre que cette culture est en extension dans plusieurs Comités de développement. Pour les cultures maraîchères, il y avait beaucoup des produits mais les plus marquants étaient : un chou de 7,6 kg de Mugogo, des aubergines violet en quantité et de poids moyen par fruit de 400-600 gr de Nsahnga, des courges de 20 à 26 kg (Kalehe et Bushumba) !

La cérémonie d’ouverture a eu lieu en présence des autorités coutumières de Walungu, Kabare, l’administrateur du territoire de Walungu Daniel Eloko Nsala, le président du conseil provincial des agriculteurs et éleveurs du Sud-Kivu Abraham Kasaza et d’autres personnalités qui œuvrent dans ce domaine.

La manifestation a été financée par la Communauté européenne, MISEREOR et Entraide et Fraternité pour un montant de 35.000 euro. Le gros des dépenses a servi à la location des camions pour le transport des produits en provenance des villages, les prix aux meilleurs producteurs, la restauration et le logement des participants.

Ces journées ont connu la participation de plus de 3.000 délégués membres de 239 associations et groupes de base (45 Comités de développement et Groupements féminins, 16 Mutuelles des éleveurs, 17 Brigades d’eau, hygiène et environnement, 150 Mutuelles de solidarité, 11 pharmacies vétérinaires rurales) et des milliers des paysans et visiteurs venus voir les expositions des produits agricoles d’élevage et artisanaux exposés dans les stands.

Des ONG locales (Centre Olame, Diobas, Louvain Développement, CIALCA, …) et des opérateurs économiques de la ville de Bukavu (Société MUGOTE, CCT) ont également exposé leurs services et produits, permettant aux paysans de les découvrir et d’échanger

Le but a été de montrer ce qui est possible de réaliser, occasion pour les producteurs d’échanger leur savoir faire et de donner l’exemple aux jeunes et aux personnes en recherche de savoirs pour produire des aliments de qualité.

Des échanges de tout type ont été réalisés comme les conférences sur la sécurité alimentaire, l’entreprenariat rural et féminin, l’environnement et changement climatique, le code agricole, la production et commercialisation des produits agricoles…

Le Sud-Kivu ne devrait pas être une zone d’insécurité alimentaire de part son relief et la qualité de son sol. Toutefois, le constat est tout autre : la province est une zone de malnutrition permanente.

Plusieurs éléments expliquent ce scandale : la dureté du travail peu mécanisé (mécanisation contrôlée), l’exode rural, des pratiques agricoles destructrices du sol et des personnes (traditionnelle – non protection des sols et rythme de culture, ou de pratiques dites « modernes » : mécanisation que seuls des riches peuvent entrevoir, l’empoisonnement par les engrais et autres pesticides importés, dont la finalité est l’enrichissement des gros propriétaires et des « investisseurs mafieux de l’économie virtuelle» en mal de fortune rapide), le phénomène de land grabbing (voleurs de terres) ou l’implantation de nouvelles concessions minières, un manque absolu de politique au profit de l’agriculture familiale, bio et locale, l’importation de produits à bas prix et de moins bonne qualité, la distribution gratuite de produits alimentaires importés par les organisations humanitaires peu soucieuses des ravages que ces pratiques provoquent, l’insécurité dans les campagnes, les barrières de groupes armés dont des éléments de l’armée régulière ou de services de l’Etat imposant des taxes indues, l’absence de marchés et d’infrastructures pour le transport ou la conservation des aliments, l’absence de volonté politique pour encourager la production locale, la destruction de la forêt, etc.…

Pour terminer en beauté, des prix tels que des outils, des semences, des brouettes, arrosoirs, bottines, des houes, des tôles, des engrais ou encore des pagnes ont été remis aux meilleurs producteurs et défenseurs de l’environnement, une approche pour encourager au travail, aux bonnes pratiques et à l’exemple.

La journée champêtre 2012 aura marqué les esprits de chacun, et aura peut être suscité chez certains l’envie de se lancer dans l’élevage ou l’agriculture.

L’artiste Aganze PREMIER et son orchestre ainsi que la chorale de l’école secondaire Saint Mathieu de Mugogo ont agrémenté les manifestations par leurs présentations éducatives, culturelles et folkloriques autour des messages sur le développement, les pratiques paysannes, sur la paix et la reconstruction.

Eliane POLEPOLE

Pour en savoir plus

Comité Anti-Bwaki - www.asbl-cab.org - Patient BAGENDA

Centre OLAME - Mathilde MUHINDO - www.olame.org

Diobass au Kivu - Sylvain Mapatano - www.diobasskivu.org

Entraide et Fraternité - www.entraide.be

Haut de page
RETOUR HOME Page d'accueil